Troisième Colloque International de la Guadeloupe 15, 16, 17 Décembre 1994
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Natation : les facteurs de la performance et leurs techniques d'évaluation
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Natation : les facteurs de la performance et leurs techniques d'évaluation

Natation : les facteurs de la performance et leurs techniques d'évaluation
Published on: Mar 3, 2016
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Transcripts - Natation : les facteurs de la performance et leurs techniques d'évaluation

  • 1. Troisième Colloque International de la Guadeloupe 15, 16, 17 Décembre 1994 LES FACTEURS DE LA PERFORMANCE EN NATATION ET LEURS TECHNIQUES D'EVALUATION Georges CAZORLA, Maître de Conférences Faculté des Sciences du Sport et de l'Education Physique, Université de Bordeaux Il, Avenue Camille Jullian, 33405 TALENCE CEDEX RESUME Quel que soit le sport, la performance résulte toujours de 1'interaction de nombreuses composantes au nombre des- quelles les facteurs psychologiques. cognitifS, morphologi- ques. biomécaniques etphysiologiquesjouent un rôle essen- tiel. Concernant la natation. ces mêmes facteurs peuvent être regroupés selon une terminologie plusfamilière aux techni- ciens. A l 'image d 'un bateau, le nageur doit présenter un « profil » le plus hydrodynamique possible pour obtenir ce que les entraîneurs appellent la «glisse », posséder une bonne hélice pour se propulser efficacement el disposer de rése1ves énergétiques suffisantes pour alimenter un moteur dont il convient de bien régler le rendement. Le «pilote » de ce bateau doit, bien-sûr, posséder des qualités psychologi- ques à la hauteur des contraintes requises par l 'entraîne- ment et pour faire face aux diffirents stres..<: de la compéti- tion. Evaluer le nageur revient donc à prendre en considération ces quatre grands facteurs en fonction de la spécificité de chaque spécialité. La translation dans l 'eau (et donc la peiformance) dépend lo1-fjow-s de 1'interaction de quatre forces fondamentales: la gravité. la portance, la trainée etla propulsion. Lorsque la vitesse du nageur est constante, la portance équilibre la force de gravité et la propulsion celle de la h·aînée. En fonction des distances des compétitions visées, vitesse et durées 'équilibrent aussi dans un rapport inverse- ment proportionnel dépendant des qualités techniques et musculaires, de 1'apport énergétique etdu rendement. L'étude de chacun de ces facteurs développée au cours de cet exposé introductif afin de permettre au praticien de mieux appréhender leur évaluation et à l'entraîneur d'orien- ter en conséquence leur développement par un entraînement adapté. Mots clés : Natation, Hydrodynamique, Formes corporel- les, Propulsion, Energétique, Evaluation, Entraînement INTRODUCTION En décrivant les nombreuses techniques mises au point et validées pour appréhender un ou plu- sieurs facteurs de la performance et en présentant leurs résultats les plus remarquables, nombre de conférenciers qui m'ont précédé ont montré et montrent à quel point 1'évaluation est en ubiquité dans les rapports du nageur à son environnement. Afin d'en limiter ses champs, tout au moins ceux que nous souhaitons aborder, il est indispensable de pro- poser au préalable une définition opérationnelle la plus précise possible. Pour nous, évaluer est attribuer une valeur objective ou subjective à une impression, un jugement, une obser- vation ou aux résultats de tests ou de mesures, ce qui suppose une échelle d'appréciation explicite ou implicite fondée sur la connaissance et l'expérience de la pratique considérée. En tout état de cause, la valeur attribuée se situe en aval d'une procédure comprenant plusieurs éta- pes auxquelles ne peut échapper le praticien. La première d'entre elle nécessite une bonne connaissance des capaci- tés requises par la natation sportive et sur les façons de les appréhender. La seconde est de définir les objectifs assignés à l'évaluation. A-t-elle pour but de mieux con- naître les capacités d'un nageur afin d'individualiser son entraînement, d'en contrôler les effets et de suivre les progrès ? ou doit-elle répondre le plus objectivement possible aux besoins d'un club, d'une région ou d'une fédération en matière de sélection ? Il s'agit ensuite de délitniter avec précision le secteur sur lequel elle doit porter et, en fonction des possibilités matérielles et tech- niques, de choisir l'outil d'évaluation le mieux adapté. II s'agit enfin de recueillir les résultats sur lesquels porte- ront les analyses, les appréciations et donc l'attribution d'une valeur. Connaissance des principales exigences non seule- ment de la natation sportive mais surtout de celles plus spécifiques des différentes spécialités qui la constituent ; autrement dit, que peut-on et que doit-on évaluer ? dé- finition des objectifs ou : pourquoi évaluer ? quel outil choisir c'est à dire: comment évaluer ? enfin, comment traiter, analyser et interpréter les résultats ? constitueront les axes principaux de notre conférence. Par souci de clarté, nous nous efforcerons cependant d'associer les deux problématiques : Que doit-on évaluer et comment évaluer ? 105
  • 2. Etude des exigences de la natation QUE PEUT-ON, QUE DOIT- ON ET COMMENT EVA- LUER? - Taille -Motivation -Résistance au stress - « Affect» -Volonté... Quel que soit le sport, la per- fomlance résulte toujours de l'inter- action de nombreuses composantes au nombre desquelles les facteurs psychologiques, cognitifs, morpho- logiques, biomécaniques et physio- logiques jouent un rôle essentiel. -A lignement segmentaire Concernant la natation, ces mêmes facteurs peuvent être re- groupés selon une terminologie - Poids spécifique dans plus familière aux techniciens (fi- ure 1.). A l'image d'un bateau, le nageur doit présenter un « profil » le plus hydrodynamique possible pour obtenir ce que les entraîneurs appel- lent la « glisse», posséder une bonne hélice pour se propulser efficacement et disposer de réser- ves énergétiques suffisantes pour alimenter un moteur dont il con- vient de bien régler le rendement. l'eau -Formes corporelles -Qualité de l'épiderme 1 DUREE NATATION -Surfaces propulsives -Rapports segmentaires · Puissance et endurance musculaires -Puissance propulsive totale /puissance utile -Amplitude des cycles locomoteurs -Caden ce optimale du mouvement -Poussée d'Archimède - Vitesse de translation - Aérobie -Anaérobie - alactique - lactique Figure 1: 1nteraction des différentes com- posantes qui entrent en jeu dans la perfor- mance en natation Le « pilote » de ce bateau doit, bien-sûr, posséder des qualités psychologiques à la hauteur des contraintes requises par 1'entraî- nement et pour faire face aux différents stress de la compétition. - R Evaluer le nageur revient donc à -E prendre en considération ces qua- - E tre grands facteurs en fonction de "' ~ la spécificité de chaque spécialité. Pour notre part, sans ignorer la part détenninante du versant psycholo- gique, par manque de compétences suffisantes en la matière, nous ne éserves énergétiques conomie de nage ndurance spécifique 1 TRAINEE 1 Formes du corps Reliefs corporels l'aborderons pas dans notre étude. _Qualite de 1epiderme La translation dans l'eau (et donc la performance) dépend Alignement segmentaire. , ,, ~'r-. 1 PROPULSION 1 'rtlh ~ - Amplitude - Surfaces propulsive - Puissance relative et s puissance utile ~~ 1 GRAVITE 1 VITESSE 1 - Densité - Qualité technique - Qualité de l'eau - Qualité musculaire toujours de 1' interaction de quatre forces fondamentales : la gravité, la portance, la traînée et la pro- pulsion. Figure 2 : Modèle muttifactoriel permettant de rendre compte de l'interaction des composants morphologiques, biomécaniques et physiologiques de la performance en natation. Lorsque la vitesse du nageur est constante, la portance équilibre la force de gravité et la propulsion celle de la traînée. En fonction des distan- ces des compétitions visées, vitesse et durée s'équilibrent aussi dans un rapport inversement proportionnel dépen- dant des qualités techniques et musculaires, de l'apport énergétique et du rendement.(figure 2.). En matière d'évaluation, ce serait donc une erreur de ne prendre en considération qu'un de ces facteurs en ignorant les effets des autres. Par exemple, que peut exprimer un important V0 2 max si le nageur présente une technique défaillante et de médiocres qualités hydro-dynamiques ? S'appuyant sur les progrès teclmologiques notam- ment dans les domaines de la miniaturisation des cap- teurs ambulatoires, de la cinématique, du traitement de l'image et du traitement multifactoriel des résultats, de plus en plus actuellement l'évaluation tente non seule- ment d'appréhender le rôle respectif des différentes va- riables mesurées dans leurs interactions, mais aussi de mieux comprendre celui joué par les interactions elles- mêmes dans la combinatoire des modèles multifactoriels élaborés. C'est de cette démarche que procèdent les ap- proches proposées par Persyn et coll. (1974.. . 1991) qui, à partir de référentiels établis avec les nageurs de haut niveau, associent l'analyse cinématique des techniques de nage aux mesures anthropométriques, biométriques, bio- mécaniques et physiologiques afin de détecter informati- quement les erreurs teclmiques et les points faibles indi- viduels, et surtout pour proposer des solutions palliatives. Bien que ce problème ait toujours été central dans nos programmes de recherches, par souci didactique, dans un premier temps nous n' aborderons que quelques unes des nombreuses techniques qui, à notre avis, de- vraient permettre d'évaluer chacun des principaux sec-
  • 3. Troisième Colloque International de la Guadeloupe teurs concernés par la performance. Pour une informa- tion plus complète, nous suggérons de lire notamment les excellents ouvrages de Persyn et coll. (1979, 1982, 1983, 1984a et b, 1988), Lavoie et Montpetit (1986), Chatard et coll. (1984, 1985a et b, 1989, 1990), Pelayo (1989) et Chollet (1990). EVALUATION DE LA« GLISSE>> La « glisse » est un concept largement utilisé en natation. Elle traduit la capacité de prolonger sans mou- vement une translation créée par une action propulsive en immersion totale ou partielle. La glisse dépend de plusieurs facteurs : de 1'alignement segmentaire, de la forme générale du corps et de sa densité, donc de l'im- portance de son maître-couple, des reliefs anatomiques, de la qualité de l'épiderme: rugosité, système pileux, élasticité et« fluidité», et de la viscosité du milieu. + Densité et sustentation Lorsqu'un nageur à l'arrêt tente de se maintenir en position horizontale à la surface de 1'eau, du fait de l'hétérogénéité de la constitution du corps humain (masses musculaires plus importantes des membres infé- rieurs et « bouée » pulmonaire de la partie supérieure), son centre de volume (Cv) où s'exerce la poussée d'Archimède (FA) et son centre de gravité (Gl où s'exerce en sens contraire l'attraction terrestre ëFc.') ne sont pas confondus, entraînant un couple de rotation à l'issue duquel, Cv et G s'alignent sur la même verticale. De la position horizontale initiale, la rotation le conduit à une posi~ verticale. Si sa densité est supérieure à celle ~e~G >~, le nageur coule. Dans le cas contraire (FG ::; FA), le nageur se maintient à la surface ou entre «deux eaux ». Pour se replacer à la surface de l'eau dans une position horizontale favorable à la translation, le nag~doit donc exercer une force verticale de sens opposé à FG non seu- !Figure 3 : Pesée hydrostatique du nageur 107 15, 16, 17 Décembre 1994 lement pour replacer la partie inférieure de son corps à l'horizontale, mais aussi pour s'y maintenir. Cette re- cherche de sustentation entraîne une dépense d'énergie d'autant plus importante que Cv et G sont éloignés et que sa densité est supérieure à celle du liquide. Par consé- quent, elles peuvent constituer un important facteur limi- tant la performance de moyenne et de longue durée (400, 800 et 1500 m). Leur appréciation s'avère donc indispen- sable dans le choix de la distance de nage. + Pesée hydrostatique et estimation de la flot- tabilité Plusieurs techniques ont été expérimentées. Les unes ont surtout pour but de mesurer ou d'estimer le poids spécifique du nageur dans 1'eau, les autres celui de l'importance de l'écart entre le Centre du Volume et le Centre de Gravité. La pesée hydrostatique en position de décubitus dorsal et en expiration forcée, nous a permis de confirmer qu'en moyenne, les enfants (9-11 ans), les filles, les nageurs de longue distance et les dossistes pré- sentent les poids spécifiques les moins importants ; alors qu'à l'opposé, les sprinters crawl, les papillonneurs et surtout les brasseurs, sont les plus denses. Il faut cepen- dant remarquer d'importantes variations à l' intérieur de chaque groupe d'appartenance (Cazorla, 1993). La technique utilisée nécessite une cuve, un système comprenant une potence où est suspendue une plaque sur laquelle, au moyen de sangles, le nageur est fixé. Au moment de la mesure, la plaque est immergée, le nageur respire alors par l' intermédiaire d'un tuba. Son poids spécifique en immersion est obtenu grâce à un capteur situé entre le câble de suspension de la plaque et la po- tence (figure 3). La plaque peut aussi reposer et basculer sur un pivot coulissant afin de détecter le centre d'équilibre (ou Cv) et ainsi, mesurer la distance Cv-G. Les limites de ces systèmes sont constituées par l'impossibilité de prendre respectivement en compte les effets de 1'air résiduel après expiration forcée et ceux des évolutions de la «bouée » pul- monaire au cours des cycles ven- tilatoires de la nage réelle. De façon plus accessible mais moins précise, la flotta- bilité et le couple de rotation peuvent être appréciés par l'entraîneur. Dans le premier cas, selon la technique utilisée par Chatard (1989), après une inspiration forcée, le nageur prend dans l'eau une position foetale, le regard orienté vers le fond du bassin. L'évaluateur place alors des poids addition- nels (de 0.1 à 1 kg) sur son dos, au niveau des omoplates jusqu'à obtenir une position immergée stable juste en- dessous de la surface de 1'eau. La charge totale mesure ainsi ce que l'auteur définit comme la poussée de flottaison. Con- cernant notre technique, il suffit de relever à quel niveau du visage se situe la surface de
  • 4. Etude des exigences de la natation 1'eau lorsque le nageur en eau profonde se tient en posi- tion verticale, les bras le long du corps et en inspiration forcée. Les niveaux de flottaison relevés sont : la tête immergée, le front, le nez, la bouche, le menton et le cou. L'évaluation du couple de rotation consiste à chronomé- trer la durée nécessaire pour passer de la position hori- zontale sur le dos en inspiration forcée, les mains pla- quées sur la partie externe des cuisses, à la position verti- cale dans l'eau. Les référentiels relatifs à ces deux tech- niques ont été calculés par âge et par sexe (Cazorla, 1993). + Translation, portance et traînée Lors de sa locomotion aquatique, le nageur doit toujours composer avec quatre forces : son poids dans l'eau, sa portance, sa propulsion et sa traînée résultante. Lorsque la vitesse de nage est constante, ces forces s'équilibrent deux à deux, la portance équilibre le poids dans 1'eau et la propulsion équilibre la traînée. De façon statique nous savons comment poids et portance inter- agissent. Qu'en est-il lors de la translation? Toute translation du nageur complètement ou par- tiellement immergé s'oppose à une résistance appelée traînée hydrodynamique (Th). Cette traînée résulte elle- même de la somme de plusieurs forces : la traînée fron- tale ou de vague (Tv) constituée par le point de rencon- tre de particules d'eau inertes et des parties frontales du corps, la traînée d'écoulement ou de friction (Tf) qui dépend des caractéristiques et de la vitesse d'écoulement des particules fluides autour du corps (cette vitesse d'écoulement entraîne un effet sustantateur ou portance dynamique sur les parties immergées du corps du na- geur), la traînée de remous (Tr) liée aux différents re- liefs du corps en arrière desquels les particules d'eau sont perturbées et forment des zones · dépressionnaires d'écoulements turbulents, enfin la traînée d'immersion (Ti) qui dépend des fluctuations de la surface immergée du maître couple au cours des différents cycles locomo- teurs. Nous pouvons donc écrire : Th =Tv + Tf+ Tr + Ti et constater que les formes corporelles, les modes de locomotion ou plus précisément, les techniques de nage et la vitesse de nage irrfttrent directement sur l'impor- ance de la traînée hydrodynamique. Un des buts de l'apprentissage, du perfectionnement technique et de l'entraînement est de tenter d'en minimiser les effets. + Fonnes corporelles et traînée hydrodynamique Selon le modèle proposé par Clarys et coll. (1974) qui utilisent les analogies de calculs ainsi que les compa- raisons de traînées obtenues avec un bateau, il convien- drait de prendre en compte les dimensions données dans le tableau 1 ci-après. Si des analogies existent, il serait cependant abusif d'assimiler le corps du nageur à un corps solide. Les changements de formes non seulement interindividuels mais aussi et surtout intra-individuels au cours de la nage, le positionnement de la tête, des bras en avant, du bassin anté ou rétroversé, l'inspiration ou l'expiration complète (Chatard, 1989) peuvent entraîner de telles modifications de la traînée résultante qu'il serait hasardeux de se référer qu'aux seuls résultats d'équations issues de la mécanique des fluides prévues pour les ba- teaux. Pour notre part, (Cazorla, 1978), afin d'étudier l'influence des dimensions corporelles sur la traînée hydrodynamique et ce, après bien d'autres expérimenta- teurs, nous avons tracté dans l'eau le nageur en position passive. En fonction des vitesses auxquelles ce nageur était tracté, nous avons pu observer que les dimensions anthropométriques exerçaient des effets variables sur la traînée. De plus, ces effets sont différents selon le sexe. A petite vitesse (1 m/s), le poids, la masse maigre, 1'envergure, les circonférences des bras et la longueur des membres inférieurs, sont fortement corrélés avec la force de traînée aussi bien chez les garçons que chez les filles. De façon générale, la puissance de cette corrélation di- minue avec l'augmentation de la vitesse (2 m/s) s'expliquant probablement par l'effet de portance qui s'exerce plus particulièrement sur les parties les plus immergées et soulève les membres inférieurs à la surface de l'eau. Par ailleurs, une analyse en composante principale réalisée à partir de 36 mesures biométriques relevées systématiquement chez 234 nageurs et 204 nageuses espoirs et de haut niveau, montrent de multiples redon- dances entre les mesures (travaux personnels non pu- bliés). Ceci signifie qu'il est inutile d'enregistrer autant Bateau Facteurs influençant la Corps du nageur traînée résultante L Taille debout Coefficient de profil - - Volume 1/3 t1 113 L Traînée Taille debout Rapport longueur - large -- d'onde Largeur biacromiale 1 1 Lameur biacromiale Rapport largeur diamètre de la coque - - - Diamètre sagittal du thorax d0 Surface ® de la plus grande section transverse ® = Traînée Surface de la plus grande section du corps PLd d'Immersion (maître couple) . Longueur du bateau L . Taille debout . Smface mouillée . Surface immergée . Rappo1t L/1 Traînée . Rapport taille/largeur biacromiale . Rapp01t Ud0 d'écoulement Rapport taille debout/diamètre sagittal Rapport du carré de la longueur sur la (ou de friction) thoracique swface de la plus grande section Rapport du carré de la taille debout /surface corporelle. Tableau 1 : Comparaison descriptive des paramètres de formes du corps humain et du bateau (Ciarys et coll., 1974)
  • 5. Troisième Colloque International de la Guadeloupe de mesures mais que seules les mesures de la taille, du poids (qui permettent aussi le calcul de la surface corpo- relle), du pourcentage de graisse, de la circonférence bideltoïdienne, de la longueur des membres inférieurs et du rapport entre la longueur des membres inférieurs et la partie supérieure du corps sont suffisantes pour rendre compte indirectement de l'effet des dimensions biométri- ques sur la translation. Remarquons cependant qu'il ne s'agit là que de tractions du nageur en position allongée et passive s'opposant à des traînées stables. De ce fait, à vitesse constante, l'accélération étant nulle, on peut effective- ment mesurer la traînée à partir de la force nécessaire pour tracter le nageur. D'autre part, Karpovich (1933) et Onoprienko (1967) ont permis de confirmer que la traî- née du nageur tracté passivement (Tp) augmentait pro- portionnellement au carré approximatif (2 à 2.08) de la vitesse : Tp = k.v<2 à 2 " 08 >. « k » représente le coefficient hydrodynamique du nageur. Connaissant la vitesse et la force nécessaires à la traction, il est alors facile d'obtenir « k » ou indice hydrodynamique du nageur. Comme nous l'avons indiqué, cet indice dépend du maître-couple, de la surface immergée, du poids dans l'eau, de la qualité de l'épiderme et des formes et reliefs corporels,. Les trois premiers de ces facteurs étant très variables, au cours de la nage, la traînée passive n'est qu'imparfaitement repré- sentative de la traînée active. En outre, comme l'efficacité de la propulsion résulte d'autres dimensions comme l'envergure, l'amplitude articulaire, l'importance des surfaces propulsives, leurs mesures devraient aussi être retenues. 15, 16, 17 Décembre 1994 1977 ; Bedard et coll., 1979 ; Montpetit, 1983 ; Pelayo, 1989) constatent une augmentation très importante de la taille mais, une augmentation moins évidente du poids surtout chez les nageuses, ce qui témoigne d'un morpho- type "de plus en plus longiligne se situant selon le somato- type de Sheldon (1954) et Heath-Carter, proche du type mésoectomorphe. Dans cette même perspective, Bulga- kova et Voroncov (1978) ont étudié plus particulièrement le morphotype de nageurs de haut niveau selon la spé- cialité (figure 4). Dans cette étude, la taille apparaît beaucoup plus déterminante pour les sprinters en crawl, les dossistes et les spécialistes des quatre nages. La sur- face des coupes frontales témoignent de l'importance des masses musculaires et donc, de la puissance chez le sprinter en crawl, le papillonneur et le brasseur, alors que les moindres dimensions antéropostérieures des surfaces de coupe du crawleur de longue distance et du dossiste confirment une réduction de leur surface immergée et donc, d'un maître couple réduit diminuant ainsi les effets de la traînée. + Test de piscine pour évaluer la glisse De façon très accessible l'entraîneur peut aussi apprécier la capacité hydrodynamique de ses nageurs en procédant en deux étapes. 0 A partir d'un test de détente verticale réalisé sur la bord du bassin (Sargent-test ou Abalakhov), il peut apprécier la poussée de leurs mem- bres inférieurs à sec. 6 En immersion totale, membres inférieurs fléchis sur le bord du bassin, il leur demande de réaliser une poussée complète suivie d'une coulée ventrale la plus longue possible. La mesure est réalisée du bord du bassin aux pieds du nageur. Trois cas de figure peuvent se pré- senter : a) Le nageur réalise une très bonne performance D'autres auteurs qui ont étudié l'évolution de la taille et du poids des nageurs participant aux finales des Jeux Olympiques entre 1968 et 1988 (Catteau et Renoux, aux deux tests ce qui exprime à la fois de r------ -------- - - - ------ - ----, bonnes qualités musculaires et hydrody- namiques. b) Sa performance «à sec» estNage libre Brasse 4 nages très modeste mais sa coulée ventrale estDos PapillOn 100 m 1500 m 208 E 182 u ~ ~ 130., ~ c. 104 ... 78 5.. 52:; ..l: 26 - 1 ~1 ~1 ., ~1 ~1 ®2• • ~2 ~2 @2 @2 ~2 ~· @3~4 @4 03. 4 ~3 ~ ·~3 03 ®3 6~-5 ~6~5 ~6~5 ~6~5 ~6~5 ~6~ 5 7~ ®7 ~7 @7 ~7 ®7 8 ~ ~ 8 ~8 ' 8 ~8 ~8 9 ~ ~9 @9 ~ 9 @9 ~ 9 Figure 4 : Morphotype et dimensions anthropométriques des nageurs russes.Qe haut niveau. D'après Bulgakova et Voroncov (1978) 109 très bonne : il possède probablement une très bonne «glisse». c) A l'opposé, sa performance à sec est supérieure mais sa coulée est très modeste : sa qualité hydro- dynamique est à améliorer. De même, on peut comparer les longueurs de coulées ventrales après départ dans 1'eau et après départ de compétitions ou de virages réali- sés à pleine vitesse et établir les ratio dont il convient alors de suivre l'évolution en fonction des renforcements techniques proposés au cours de 1'entraînement. 1 EVALUATION DE LA PROPULSION 1 Lorsque l'on veut évaluer la propulsion, l'examen de six composantes s'impose : La position du nageur dans l'eau et, plus particulièrement, l'angle formé par son corps par rapport à la direction de la translation, le trajet subaquatique des surfaces propulsives, l'amplitude, la fré- quence, la puissance de chaque cycle lo- comoteur et leur efficacité. Les deux premières relèvent de l'obser- vation soit directement par le technicien
  • 6. Plus courte est cette longueur, meilleure est la qualité de l'appui. Par simple observation de la distance entre l'entrée et la sortie de la main (crawl, dos), ou des mains (papillon) de l'eau lors d' un cycle locomoteur complet, il est possible d'apprécier la qualité de son appui. Cette observation est tout à fait accessible en utilisant la position des flotteurs d'une ligne d'eau comme points de repère. Elle ne peut cepen- dant être mesurée qu'en utilisant l'image vidéo et une échelle étalonnée placée en arrière plan sur la ligne d'eau. Des trois autres composantes : la fréquence, l'amplitude et la puis- sance, seules les deux premières peu- vent être accessibles sans un appa- reillage coûteux. C'est probablement la raison de son succès auprès des entraî- neurs. Couplage des cycloïdes enlt'Ciacés des baucmcms + Evaluation de la fréquence et calcul de l' amplitude de chaque cycle locomoteurde pieds et des boucles dt!criles par le mouvement de la main Figure 5 : Etude des trajets moteurs en crawl à pa1tir des traces lwnineuses. Le- willie, 1971. Depuis longtemps utilisé en avi- ron, le comptage du nombre de cycles locomoteurs par distance de bassin, couplé à la performance chronométrée, permet d'obtenir la distance parcourue qui, pour s'aider, peut utiliser des grilles d'observations, soit au moyen de la vidéo par prises de vues subaquatiques. Afin d'utiliser plus efficacement la grille d'obser- vations, nous conseillons de définir au préalable, une taxinomie des comportements à prendre en compte (ou « check list ») du type de celle proposée par Firby ( 1982). Ces comportements deviennent ainsi plus faciles à véri- fier en temps réel, sachant que la simple observation exclut de ses possibilités l' analyse des trajets moteurs subaquatiques. Couplés aux résultats de capteurs de vi- tesse et de force portés par le nageur, les films vidéo obtenus à partir de caméras immergées ont permis de mieux comprendre, d'analyser et de modéliser les diffé- rents trajets moteurs (Schleihauf, 1982 ; Counsilman, 1983 : Costill et coll., 1987 Loetz et coll., 1988 ; Schlei- hauf et coll., 1988). Ce même type d'analyse a pu aussi être mené grâce à l'utilisation de traces lumineuses (Lewillie, 1971 figure 5). Ainsi, il est remarquable de constater, par exemple en crawl, que le trajet de la main ne se fait pas selon un S conm1e le proposait le modèle de Counsilman ( 197 1), mais demeure sous forme de boucles ou de « cycloïdes entrelacés» à l'intérieur d'un espace à trois dimensions (Torre, 1972). Alors que Counsilman considérait le trajet par rapport à un nageur ne se dépla- çant pas, les cycloïdes entrelacés s'obtiennent lorsque son corps tout entier « bascule » d'arrière en avant autour d'appuis plus ou moins fixes. La recherche d'appuis les plus fixes possibles dans un milieu aux particules fuyan- tes trouve une meilleure explication en utilisant le prin- cipe de Bernouilli que celle donnée par Counsilman. De cette façon, il est possible d'apprécier la qualité techni- que d'un mouvement propulsif à la longueur du glisse- ment d'avant en arrière de sa surface d'appui dans l'eau. par cycle (voir calcul en encadré ci-après). Calcul de l'amplitude : 1) Chronométrer le temps nécessaire pour réaliser trois cycles locomoteurs complets. Pour compter trois cy- cles, partir de zéro et non de un lorsqu'une des deux mains (crawl, dos) ou les deux mains (papillon) en- trent dans l'eau ou sont étendues devant (brasse). En- registrer la mesure, par exemple : 3 s 95. 2) A partir du passage de la tête, chronométrer les dix mètres centraux de chaque bassin de 25 ou 50 m. Par exemple : 6 s 06 (*). 3) Calcul de la vitesse= 10 m 16.06 = 1.65 m/s. 4) Calcul de la distance par cycle (3.95 x 1.65) 13 cycles = 2.17 m par cycle. 5) Calcul de l'indice de nage (Costill et coll., 1985) = ln = distance par cycle x vitesse = 2.17 x 1.65 = 3.58 (*) Afin d'éviter les accélérations et les vitesses sans nage liées aux départs et aux virages, nous conseillons de ne pas retenir la performance finale sur la distance com- plète comme élément de calcul, mais de cluonométrer une distancecentrale dans chaque longueur de bassin. Ces mêmes calculs sont actuellement réalisés en temps réel par le nouveau Chrono+ mis au point et distribué par la Société NEVES. Selon les travaux de East (1970), il semble y avoir corrélations entre cette distance et la performance au 100 m crawl, en dos, en papillon chez les hommes et seule- ment en papillon chez les dan1es. Afin d'éviter les diffé- rents calculs, Craig et coll. (1979) proposent un nomo- gramme permettant d'accéder directement à la vitesse de nage et à la distance parcourue par cycle (figure 6). 110
  • 7. Troisième Colloque International de la Guadeloupe Aujourd'hui, des cluono-calculateurs fournissent en temps réel et avec plus de précision ces mêmes rensei- gnements. VITESSE sec/10 m m/scc A B $.0 7.0 ... ... 1,6- r.o '·' a.o-. '·' O.D 10.0-- 1.0 11.0 '"-" O)J) ·~· "" .. .. DISTANCE/CYCLE c..• 2.0-. 1,0-- CYCLES PROPULSEURS c/min scc/5c 0 E 20 1·~·0<0 ol.J) 2) 17.0 -r... )() 10.0 '" " ..•.. '·" " "' ... î 60 ~· I:l'" Figure 6 : Nomogramme pour calculer la distance parcotuue par cycle (en m), la vitesse moyenne (mis) el le nombre de cycles par minute (c/min) au cours d'une compétitioo.. Placer l'extrémité d'une règle au poiut de la coloone A correspoo.dant au temps enregistré pour nager 10 m. Placer l'autre extrémité ~ur la coloo.ne E au poiut correspoo.dant au temps enregistré pour réaliser ciuq cycles propulseurs complets. Pour compter ciuq cycles, partir de 0 el noo. pas de 1. Le poiut où votre règle coupe la coloo.ne C iudique la distance parcolUlle par cycle. La vitesse peut être calculée en plaçant votre règle horizœtalcment à partir du poiut de la coloo.ue A iudiquant le temps mis pour parcourir 10 m, lire alors le poiut d'intersccticn avec la coloo.ne B. Pour obtenir le nombre moyen de cycles par minute, procéder de la même manière entre la coloo.ne E el D. D 'après Craig el coll., 1979. On peut toutefois s' interroger sur la pertinence de cette mesure, surtout en ce qui concerne les distances moyennes (400 rn) et longues (800-1500 rn). A partir du tableau de synthèse dans lequel Chollet (1990, p. 212- 213) présente d' une part les performances et, d'autre part, les fréquences, les amplitudes des cycles et les indi- ces de nage des meilleurs nageurs de haut niveau, nous n'avons pu mettre en évidence de relations significatives entre ces variables et la performance. Ceci résulte pro- bablement du fait que fréquence, distance parcourue par cycle locomoteur et indice de nage sont aussi influencés par d'autres facteurs comme la taille, l'envergure, la plus ou moins bonne efficacité du battement des pieds, la glisse, le rapport puissance totale/puissance utile, le coût énergétique de chaque cycle et le rendement global de la nage. Il faut cependant remarquer aussi que ces résultats ont été obtenus avec une population de nageurs du meilleur niveau international, donc très homogène du point de vue de leurs performances ce qui, indirectement, permet d'établir qu'une variable isolée, même lorsqu'elle paraît très congruente, s'avère insuffisamment discrimi- nante pour prédire la performance. Par ailleurs, si cette technique d'appréciation de l'efficacité de nage s'avère très accessible, elle ne nous renseigne en rien sur les facteurs à modifier pour amélio- rer la propulsion. Enfin, l' indice de nage étant calculé à partir d' une fréquence de cycles locomoteurs des mem- bres supérieurs, il ne prend pas en compte la part du Ill 15, 16, 17 Décembre 1994 travail des membres inférieurs dans la propulsion résul- tante. Selon la nage, la distance de compétition, la mor- phologie du nageur et sa technique individuelle, les membres inférieurs peuvent pourtant ajouter à l'efficacité totale une part plus ou moins importante qu'il convien- drait de ne pas négliger. L'expression « mettre les jam- bes » utilisée par les entraîneurs est à cet égard très si- gnificative. • Evaluation de la puissance Par définition la puissance est le produit de la force et de la vitesse. P (watts) = F, ici force de propulsion Fp (newtons) x Vitesse de nage (m/s). Si la vitesse est plus facile à chronométrer, il en est tout autrement de la force de propulsion, surtout dans les conditions de la nage. Aussi, faute d'un appareillage adapté, on peut se deman- der si la force maximale obtenue hors bassin est représen- tative de celle obtenue dans l'eau. Selon Mage! et McArdle (1970), seuls 13% de la force maximale « à sec » pourraient être développés dans 1'eau par le sprinter et que 2.5% par le nageur de 1500 m. De plus, comme l'ont montré les enregistrements élec- tromyographiques (Clarys, 1983), même lorsque des appareils de musculation permettant de simuler le geste propulsif à sec sont utilisés, ce ne sont pas exactement les mêmes groupes musculaires qui sont sollicités et, lors- qu'ils le sont, on observe d'importantes différences tant au niveau de leur intensité contractile qu·à celui du syn- chronisme de leur contraction. Deuxième interrogation : La force maximale obte- nue dans l'eau au cours de la nage sur place, le nageur retenu par un câble équipé d'un capteur, représentet-elle la force maximale développée au cours des cycles loco- moteurs en nage normale ? Lorsque l'on réalise ce protocole de mesure, on peut observer que la technique développée à la tension maxi- male du câble par le sujet nageant sur place est très diffé- rente de sa technique habituelle. Dans ces conditions, nous avons souvent obtenu des résultats supérieurs avec des non nageurs puissants qu'avec de bons nageurs. Cette technique ne s'avère donc pas suffisamment discrimi- nante si seule la force maximale est recherchée. Par contre, le bon nageur développe une force moyenne nettement supérieure lorsqu'on lui demande de maintenir une tension à la limite de ses possibilités pen- dant des durées plus longues données. Employé de cette façon, ce protocole s'avère très intéressant pour juger de 1'endurance spécifique de la force du nageur au cours d'une saison d'entraînement. Comment obtenir alors la force maximale de pro- pulsion au cours de la nage ? Trois techniques peuvent actuellement répondre à ce souci. Des trois, celle que nous utilisons (Connan et coll., 1981) s'avère la plus accessible. Expérimentalement, nous avons remarqué que la vitesse de nage était inversement proportionnelle aux différentes charges qui lui étaient opposées selon une relation linéaire fortement corrélée. Pour ce faire, grâce à un système de longe et de poulies, le nageur est relié à des charges qui s'opposent à la direction de sa locomo- tion. Ces charges sont suspendues à l'arrière du nageur à l'extrémité du bras d'un chariot véhiculé sur Je bord du bassin. Elles sont maintenues toujours à la même hauteur dans l'axe de la nage en poussant le chariot à la même
  • 8. Etude des exigences de la natation V .1'S dans 1'axe de la nage en poussant le chariot à la même vitesse que celle du nageur. On mesure ainsi quatre couples : charges différentes-vitesse maxi- male durant 10 s. A partir de leur régression, il est alors possible d'extrapoler la charge théorique maximale susceptible d'être développée à vitesse nulle et ainsi, d'obtenir la force maximale de pro- pulsion de la nage. Nos résultats nous ont permis de mettre en évidence des corrélations significatives avec les performances de différentes spécialités mais ce, uniquement sur des distances n'excédant pas 200 rn et ont montré des forces maximales décroissantes entre brasse, papillon, crawl et dos. a) Vitesse 2,0 0 r_·----~--~~--~~--~~--~ Les deux autres techniques requièrent un im- portant matériel. O,J 0,6 0,9 1,2 1.5 ,~,.,~oo;~fzêf43121. O,J i 0,6 0,9 1, 2 1,5 r.R. Kg. 1 Grâce à l'ingéniosité de chercheurs tels que Issourin et coll. (1977 et 1979) et ceux de l'équipe de Hollander à Amsterdam (1986), deux appareilla- ges permettent actuellement de mieux évaluer la puissance totale développée et la puissance utilisée dans chaque cycle locomoteur. c) Force de JO 'f----,~ --T---+-----f-""T""'"r-+-----j traction (·-) Trainéc hydro dynamique ( -20 t---t---+--->..~~~---v----.''-'1-----i Technique de Issourin et coll. (1977 et 1979) A partir d'un système de mesures comprenant une can1éra immergée déplacée parallèlement et à la même vitesse que celle du nageur, un couplage des images obtenues aux mesures de forces de propul- sion et de traînée enregistrées en temps réel par des capteurs équipant le nageur, et à un cinémomètre, Issourin et coll. ont pu superposer la vitesse, Figure 7 : Variation de la vitesse, de la force propulsive, de l'accélération et de la traînée active en crawl. D'après Is- sourin, 1977. 1'accélération, la force de propulsion et la traînée au cours de chaque cycle locomoteur (figure 7). Dans cette étude, Issourin obtient des forces propulsives maximales proches de 30 kg nettement supérieures à celles publiées jusqu'alors, ainsi qu'une traînée active (Ta) approximativement deux fois plus élevée que celle enregistrée lorsque le nageur est tracté en position pas- sive. Dans ces conditions expérimentales, la traînée varie avec le cube de la vitesse (V) selon l'équation : Ta = kV3 . Comme à vitesse constante la traînée est égale à la puissance développée (P), on peut écrire P = Ta = kV3 A partir de plusieurs données publiées ces dernières années et colligées par Montpetit (1992), on a pu estimer k à 62.9. La puissance développée à l'eau, seule une partie de la puissance totale peut être utilisée par les surfaces propulsives (Schleihauf, 1982). D'où les concepts de puissance utile (Pu) et de puissance perdue (Pp) ou puissance dissipée dans l'eau sans effet sur la translation. L'équation 0 s'écrit alors: P totale = Pu+ Pp. Grâce au système mis au point par Hollander et coll. (1986), il est désormais possible d'estimer P totale et P utile et, par soustraction, d'obtenir P perdue. Ce système appelé «M.A.D. System» de: Measure of Active Drag, consiste à mesurer la force propulsive des bras à chaque différentes vitesses stables peut donc .------ - -- -- - - - - - - - -- ----------, s'écrire : 900 ..,..,--- -- - -- - - - - - - - - - - - - , P (watts) = 62.9 x V3 (m/s). ~a li L'évolution exponentielle de cette puissance mécanique produite en fonc- tion de la vitesse est représentée par la figure 8. Technique de Hollander et coll. (1986) En nage libre, si toute la puissance mécanique externe (P totale) développée par le nageur au cours de sa locomotion contribuait à sa propulsion, on pourrait écrire : P totale = Force de traînée (Ft) x Vitesse (V) ou P totale (w) = Ft (N) x V (mis) O. Or, nous savons que du fait des appuis fuyants rencontrés dans Puissance j nécessaire 700 l o~ (cn~tts) =~ 1 ::1 /a~œ ~•~ 7~~. .. . .. ~- '· ~ O.J 0.4 O.S 0 .6 0. 1 O.B 0 .9 1 1.1 L 2 1.J 1.4 1..5 1.6 1.7 1.8 !.9 '2 ~ ~ 2.2 2.J Figure 8 VITESSE (m/s) 112
  • 9. Troisième Colloque International de la Guadeloupe cycle locomoteur à partir de capteurs de force montés sur des appuis fixes sous l'eau et placés sur la trajectoire du nageur (figure 9). Lorsque le nageur se propulse à partir d'appuis solides, P perdue= 0, donc P totale = P utile. Il est ainsi possible de mesurer le rendement de la propulsion (R pro) qui est le quotient de la puissance utile Pu par la puissance totale fournie. Pu Pu Rpro = -------- Pu+Pp P totale 15, 16, 17 Décembre 1994 A partir de ces considérations, il est possible de souligner que la performance dépend non seulement d'une puissance totale élevée (surtout chez le sprinter), mais a~:~ssi d'un haut rendement de propulsion . (Le ren- dement de propulsion ne doit pas être confondu avec le rendement énergétique total qui, nous le verrons ultérieu- rement, est le quotient de la puissance totale fournie par la consommation d'énergie). Figure 9 : Vue d'ensemble du M.A.D. System (Measure Active Drag). Le M.A.D. System mesure la fore propulsive des membres supérieurs à chacun de leur cycle locomoteur par l'intermédiaire de capteurs de fore montés sur des appuis fixes situés en série sur la trajectoire du nageur. La force propulsive ainsi mesurée serai égale à la traînée active. D'après Hollander et coll., 1988. l.lO 120 110 100 90 VI 1n 1 71lc: Ill Ill '! Ill a. 0 j •Ill 50 "0 Ill 40(.) c: "'VI .!!.! .lO:::l a.. 20 10 0 p tot ale ) 0.5 0.7 0.9 1.1 VITESSE mis Puissance Perdue (P~) 1.1 1.5 U Puissance de traînée. + Puisancc totale. Figure 10 : Puissance totale, puissance utile et puissance perdue Ill 120 Rp= 68% 110 100 90 VI 1 &l c: Ill .$ a. 71l a. (l') 0 1 50"0 Ill (.) c: "'~ 40. ·s a.. .lO 20 10 0 1 05 OJ 0.9 1.1 IJ VITESSE mis 0 Puissance de traînée. !J. Puisancc totale. 113 Figure 11 : Idem autre sujet présentant un meilleur ren- dement 1.5
  • 10. uEt de des exigences de la natation En effet, se fondant sur les travaux de Ho!- Métabolismes Distances lander et coll. (1 986) et notamment sur les résultats obtenus avec Je M.A.D. System, Montpetit (1 992) exprimés en % 50m 100 rn 200 rn 400m 1500m estime que même chez les très bons nageurs, plus Origine anaérobie d'un tiers de la puissance totale produite serait per- - Haut niveau 85 60 40 15 5 due (figures 10 et 11). - Enfants 11-12 ans 80 50 32 18 3 On peut cependant observer que, si on se Origine aérobie réfère au trajet de la main dans la phase aquatique du - Haut niveau 15 40 60 85 95 cycle locomoteur, la propulsion réalisée à partir -Enfants 11-12 ans 20 50 68 82 97 d'appuis fixes doit probablement entraîner l'uti- Tableau 2 : Pourcentages respectifs estimés des différentes sources lisation de schèmes moteurs différents de ceux de la énergétiques sollicitées au cours des compétitions nagées en crawl. na e normale. Comme l'ont bien démontré Clarys etg D'après Montpetit, 1992 Olbrecht (1982), on peut alors raisonnablement pen- ser que d'au-tres groupes musculaires que ceux utilisés dans la propulsion réelle sont donc sollicités. Dans ce cas, est-il acceptable d'affirmer que l'on mesure effecti- vement la force propulsive et indirectement la traînée active? Une étude électromyographique comparative de la sollicitation musculaire en nage libre et en utilisant le M.A.D. System pourrait nous renseigner à cet égard. 1EVALUATION DES CAPACITES ENERGETIQUES 1 Si on se réfère d'une part aux connaissances les plus récentes sur l'énergétique musculaire et d'autre part aux durées limites des records mondiaux : 21 s 81 au 50 rn et 14 min 50s 36 au 1500 rn nage libre, la glycolyse anaérobie et aérobie sont les sources énergétiques les plus fortement sollicitées par la natation de compétition (figure 12). S'appuyant sur les données de Medbo et Tabata ( 1989) et à partir du modèle de Péronnet et Thibault (1989), Montpetit (1992) propose des pourcentages net- tement différents de ceux habituellement présentés : tableau 2. Selon l'ensemble de ces résultats, il est clair qu'aux vitesses limites de chacune des compétitions, les trois sources énergétiques interviennent complémentai- rement à des pourcentages respectifs qui dépendent es- sentiellement de la durée. Alors que les réserves énergétiques sont large- ment dépendantes du niveau d'entraînement du nageur, la qualité de leur utilisation et donc le rendement de la nage résultent de l' interaction de ses capacités bioméca- niques (flottabilité, glisse, rapports segmentaires, techni- que) et de ses capacités physiologiques (qualité des unités motrices sollicitées). Cependant, quel que soit le record, l'importance de la capacité aérobie tant au niveau de la performance elle-même (figure 12, tableau 2) que pour pouvoir sup- porter des entraînements de durées et d'intensités élevées et pour pouvoir récupérer plus rapidement, a depuis longtemps développé un intérêt tout particulier à l'égard de la mesure de la consommation d'oxygène du nageur. Cet intérêt a pris deux orientations : 1'une cen- trée sur l'évaluation du v02 max comme critère d'aptitude, l'autre vers la dépense énergétique aérobie au cours de la nage comme critère de rendement, d'économie ou d'efficacité technique. • Evaluation de la puissance aérobie maximale - S' il ne s'agit que d'apprécier le potentiel aé- robie maximal du nageur, un simple test de course pro- gressive navette (Léger et coll., 1982) suffit. La mesure directe ou 1'estimation indirecte du v02 max en labora- toire sur des ergomètres non spécifiques (tapis roulant, cycloergomètre), nous semble être des luxes bien inutiles. .----------------------.- - --'--------'--, -S'il s'agit de connaître la capacité aérobie 100'4 "' ' 90 1 ~··--·-·- spécifique du nageur afin d'étudier son ao i meilleur rendement et de situer les vitesses 10 Q ~~~-·-~ les plus utiles pour gérer les contenus de ses &o 1 -· • entraînements, seule la mesure directe de1 GI..~~~C77Qt'!; •• : 50 x .~-... : v o2 au cours de la nage devrait être utilisée. : ,.,.-- ~ : A défaut de ne pouvoir mesurer directement 2o / _,...>::..r --J Je v0 2 au cours de la nage, il est auiourd'hui- ,,. ',__ : 'J 10 rr· ----·-----------i [--- tout à fait possible d' utiliser des tests triangu- / ' ' laires de nage accompagnés de J'enregistre- ~< 15 ment de la fréquence et de prélèvements DUites 21S 48s l 1 min48s 26 s 65 s 2 min 15 s 3 mtn 48 s 4 min 10 s 7mlnS5s 8 mtn 30 s umtnsos 16 mln sanguins à des fins de lactacidémie (Cazorla, Montpetit, 1983 ; Lavoie et coll., 1985 ~ Ca-Obt.anec:S(m) 50 100 ~Anabobie 60 25 abctique 75 30 Cift Anaûobte JO 40 lxtique 20 50 'loAirobic 10 40 5 20 200 400 10 5 15 10 40 20 45 30 50 75 40 60 800 5 10 1500 90 95 85 90 Figure 12 : Pourcentages moyens de la contribution respective des trois métabolismes à l'apport énergétique relatif aux différentes distances et techniques de nage ll4 zorla, 1993). • Mesure directe de v02 max nage De nombreuses techniques sont actuel- lement utilisées (lire notamment Cazorla et coll., 1982, 1992). Les unes utilisent la nage sur place contre des charges de plus en plus lourdes à maintenir soulevées à une même hauteur : figure 13 (Costill, 1965 ; Magel et
  • 11. Troisième Colloque International de la Guadeloupe coll., 1975 ; Nomura, 1978 ; Bonen et coll., 1980), d'autres qui peuvent bénéficier d'un bassin expérimental adapté, consistent à nager sur place contre un flux pro- gressivement accéléré : figure 14 (Astrand et Englesson, 1972 ; Holmer, 1974 ; Holmer et coll., 1974). Enfin, la troisième groupe est constitué par ceux qui utilisent la nage libre avec déplacements en piscine normale: figure 15 (McArdle et coll., 1971 ; Mage! et Faulkner, 1967 ; Montpetit et coll., 1981 ; Cazorla et coll., 1982). 15, 16, 17 Décembre 1994 + Valeurs de V02 max et protocoles de mesures Les valeurs de V02 max obtenues en piscine à flux variables et en nage avec déplacement sont identiques. Chez ·les mêmes nageurs, elles sont en moyenne moins élevées que celles obtenues en course, la différence dé- pent de leur état d'entraînement. Plus le nageur est en- traîné plus proches sont ces valeurs (de 2% à 16% : Ca- zorla et Montpetit, 1983). Ces valeurs sont, par contre, plus élevées (4 à 6% : Bonen et coll., 1980) que celles mesurées au cours de 1'épreuve de nage sur place con- tre des charges. Avec cette dernière, on observe de telles dé- formations de la technique lorsque les charges addi- tionnelles deviennent importantes, qu' il est légitime de se demander ce qui est exactement évalué. Mesurés en valeurs brutes (l.min' 1 ), les V02 max sont aussi en natation plus élevés chez les gar- çons que chez les jeunes filles (Montpetit et coll., 1988a). Figure 13 : Technique d'évaluation physiologique du nageur à partir de la nage sur place contre des charges à maintenir éle- vées. A : ceinture, B : longe, C : poulies, D : charges addition- nelles, E : valve à deux voies, F : pince-nez, G : sac de Douglas, J : graphe d'enregistrement. Bien que les VOz max nage soient en moyenne plus élevés chez les nageurs de haut niveau comparés aux nageurs de clubs (tableau 3), leurs corrélations avec la performance n'apparaissent pas toujours très évidentes : tableau 4 (Cazorla et coll., 1984, 1992). Figure 14 : Bassin expérimental à courant d'eau continu et à vitesse modulable (Astrand et Englesson, 1972). ~~;tllii''lrll ~:~~:~ ~[! '=li::gg:~:;)):::~:;i~:,~;·,::';:~:~:'O::::~~:';~~':;,;,;,;::;~~:i:;~~,,~,~~~::~:;~~i;,:,::~:::,;,:;~"~''W:ii;M,S Figure 15 : Technique utilisée dans la présente étude qui permet de déterminer V02 max au cours de la nage avec déplacements (Cazorla et coll., 1982) 115 + V02 max, âge et niveaux de pratique On peut par contre remarquer dans le tableau 4 que plus les nageurs sont jeunes, plus puissante est la relation performance-V02 max nage. Ceci n'est plus le cas avec les nageurs plus âgés. Il se peut que le niveau technique encore trop faible du débutant ne soit pas suffi- samment discriminant et que seules les qualités physi- ques et physiologiques permettent à ces âges d'expliquer la performance. Dans cette hypothèse, la mesure de v0 2 max s'avère indispensable pour détecter les éventuels futurs espoirs mais insuffisante pour sélectionner les nageurs plus âgés de meilleur niveau. L'absence ou la faiblesse des corrélations à me- sure qu'augmentent l'âge et le niveau de pratique montre bien que la prise en compte de l'interaction d'autres facteurs est indispensable pour expliquer une part plus importante de la performance. Par exemple, en retenant les VOz mesurés pour tous les nageurs à 1.1 m.s·1 ou mieux, les pourcentages de V0 2 max individuels à 1.1 m.s·1 et le V02 exprimé en unité de masse corporelle immergée mesuré à 1. 1 m.s·1 (autant de façons d'évaluer indirectement le niveau d'économie de nage et donc d'habileté technique), on observe une augmentation de la puissance des corrélations avec la performance (tableau 5 : Cazorla et Chatard, 1983). Une fois de plus on peut donc remarquer qu'une seule variable, bien que nécessaire pour obtenir une per- formance, s'avère insuffisante pour évaluer la capacité spécifique de la natation de compétition. A la limite, un sujet peut bénéficier d' un V0 2 max très important mais ne pas savoir nager ! On peut alors légitimement s'interroger sur la pertinence de la mesure directe de v02 max dans l'eau dans le cadre du suivi du nageur.
  • 12. Etude des exigences de la natation Références n Niveau Test Sexe Age ven Ages Jeunes_g_ens Jeunes filles max _(_annéel n r n r (l.min"1 ) 10-11 12 0.96*** 14 0.90*** McArdle et coll. (1971o 5 E NL M 19.4 3.36 12 13 0.78*** 21 0.64*** Holmer (1972) 12 HN NB Exp F 15.3 2.96 13 40 0.45*** 38 0.52*** Holmer et coll. (1974} 11 HN NB Exp M 18.7 5.05 14 34 0.32* 18 NS 12 HN NB Exp F 17.3 3.42 15 28 NS 24 0.68*** Mage! et coll. (1975) 30 c N+ Ch M 21.0 3.47 16 15 0.69*** 6 NS Lavoie et coll. (1981) 5 HN NL M 16.5 4.Jl 17 7 NS 13 NS 5 HN NL F 16.2 3.15 18 et + 24 0.46** 6 c NL M 20.1 3.61 *** significatifà O.001 : ** significatifà O.02 ; 8 c NL F 19.6 2.28 * sigrlill_catifà O.05 Montpetit et coll. 51983° 15 HN NL M 18.4 4.65 Tableau 4 : Récapitulatif des corrélations cal- 12 HN NL F 17.7 3.30 culées entre le V02 max et le niveau de per-24 c NL M 14.7 3.93 formance apprécié en pourcentage du record 17 c NL F 14.7 2.82 du monde de la spécialité considérée. Costill et coll. (1985) 25 E NL M 18.23 3.71 14 E NL F 18.23 3.69 + v 0 2 max indirect et évaluation duCazorla et Montpetit 19 HN NL M 20.7 4.51 (1988) nageur Tableau 3 : Comparaison des V02 max mesurés chez des nageurs de caté- Afin de minimiser la « lourdeur » du gories : Etudiants (E), Club (C), Haut Niveau (HN). Valeurs issues de diffé- protocole de mesure directe de v 02 max rentes études utilisant trois protocoles différents : Nage Libre à vitesse pro- mais aussi, afin de libérer le nageur desgressive (NL), Nage sur place contre des charges additionnelles (N+Ch), et contraintes de l'appareillage nécessaire auNage contre courant en Bassin Expérimental (NB Exp). D'après K.lentrou, recueil des gaz expirés et d'obtenir des1991. + V02 max direct et suivi de l'entraînement Mesuré au début et après une période de neuf mois d'entraînement, Lavoie et coll. (1981) observèrent une augmentation respective de 7 à 8% du V02 max des nageuses et nageurs nationaux canadiens. Par contre, réalisées à quatre reprises avec les nageurs de l' équipe de France alors qu'ils étaient déjà bien entraînés, les mesu- res de vo2 max n'ont pas montré de différences signifi- catives. Il semble donc que v 0 2 max augmente signifi- cativement au cours de la première période d'entraîne- ment et se stabilise ensuite en un plateau constant, même si les contenus d'entraînement augmentent en volume et en intensité (Montpetit et coll., 1987). Les améliorations subséquentes de la performance seraient probablement dues alors à l'évolution d'autres facteurs que vo2 max. En conséquence, compte tenu de l' importance des moyens à mettre en oeuvre, la mesure directe de v 02 max au cours de la nage ne nous semble pas justifiée dans le cadre du suivi de 1'entraînement. Par ailleurs, la connaissance de ces valeurs (brutes ou ramenées au poids du corps ou à l'unité de surface corporelle) n'apporte pas d'éléments nouveaux dans le choix des contenus d'entraînement. Par contre, dans cette perspective, la vitesse atteinte à v 02 max ou vitesse aérobie maximale (VAM Nage) et les cinétiques vitesses-Fe obtenues au cours d'épreuves triangulaires amenant les nageurs à leur VAM semblent beaucoup plus utiles. n=24 vo2 V02 à 1.1 m.s·1 %ven max (l.min"1 ) max à 1.1 (l.min"1 ) m.s-1 % Record 0.53* -0.712** -0.85** du monde VItesses de nage non perturbées par cet appareillage, actuellement, deux techniques indirectes peuvent être utilisées : l'une se fonde sur la rétroextrapo- lation de la courbe de décroissance de v 02 de récupéra- tion après une épreuve triangulaire maximale (Léger et coll., 1980 ; Montpetit et coll., 1983), l'autre sur la me- sure de v 02 obtenue dans les 15 secondes immédiate- ment après un 100 rn nagé à vitesse maximale (Cazorla et coll., 1984). Technique de la rétroextrapolation de la courbe de récupération Dans cette technique, les v 02 sont mesurés toutes les vingt secondes à l'issue d'une épreuve triangu- laire maximale. La courbe de récupération s'apparentant à une fonction exponentielle, il suffit de calculer le lo- garithme de chaque v 0 2 pour obtenir un ajustement linéaire. L'extrapolation au point d'origine de la droite de régression ainsi calculée redonne approximativement la même valeur que v 02 max obtenu directement dans le dernier palier de l'épreuve : figure 16. Cependant, dans cette technique, la qualité du résultat dépend d'une part, de l'atteinte exacte ou non de la vitesse aérobie maximale au dernier palier et, d'autre part, de la précision des prises de mesure des cycles ventilatoires post-épreuve. Ces deux facteurs aléatoires expliquent la dispersion des mesures personnellement obtenues malgré le respect d'une grande rigueur méthodologique (figure 17). Masse corpo- vo2 v cnMcr' relie immergée max/MC1 à 1.1 m.s·1 (kg) _(!.min·'.~}_ NS NS -0.823** *significatifau seuil de 0.02 ; **significatifau seuil de 0.01 ; MCI = Masse C~orelle lmme!&ée Tableau 5 : Corrélations calculées entre les performances (% du record du monde) et les différentes va- riables physiologiques
  • 13. Troisième Colloque International de la Guadeloupe Technique dite «supramaximale » Lorsqu'un exercice est réalisé à intensité supra- maximale (supérieure à v02 max), la consommation d'oxygène se maintient quelques secondes au même débit maximal que celui atteint au cours de cet exercice. Ce phénomène déjà .constaté par Di Prampero et coll. (1973), nous a conduit à tenter un pareil protocole à l'issue d'épreuves de 100 et 200 rn nage (Cazorla et coll., 1984). Les comparaisons de v0 2 max mesurés directe- ment et v0 2 extrapolés après exercices « supramax » donnèrent en moyenne des valeurs supérieures à l'issue du 100 rn et sensiblement inférieures à l'issue du 200 m. Commentaires Les variations intra et interindividuelles obte- nues avec ces deux techniques, nous interrogent non seulement sur la nature de la précision des protocoles mis en oeuvre (facteurs extrinsèques) mais aussi sur les ciné- tiques individuelles des échanges gazeux post-exercice (facteurs intrinsèques). ..... ...0 20 ·> ..... c: E E ...0 ·> courbe de recuoérat i on 1 _ donnèes brutes 0 0 2 _ semLiogarlthmiqueo 120 Dur é e (s ) Figure 16 : Technique de rétroextrapolation de la courbe de décroissance de la récupération après Wle épreuve triangulaire maximale pour obtenir le V<h max (Léger et coll., 1980) AGES (an) SEXE 0 y CRAWL= ~ -~ c j "~ =E <S > 15, 16, 17 Décembre 1994 A nouveau, nous nous posons la question de la finalité et de la pertinence de leur utilisation. A la limite, si la technique de rétroextrapolation était totalement valide et fidèle, elle pourrait permettre de confirmer si le nageur atteint ou non sa vitesse aérobie maximale au dernier palier du test triangulaire nagé sans appareillage. Mais, dans le doute, il ne nous est pas permis d'être pé- remptoirement affirmatif. Les valeurs supérieures de vÛ2 max extrapolés après une épreuve « supramax » nous permettent, par contre, de nous demander si les contraintes liées à l'appareillage de recueil des gaz expirés par le nageur, ne l'empêche pas d'exprimer tout son potentiel aérobie. L'appareillage constitue un handicap certain et perturbe la vitesse de nage, seul élément susceptible d'être utilisé par l'entraîneur! Dans ce but, nous avons étudié les effets de cet appareillage sur la vitesse de nage et ce, en fonction de l'âge, du sexe et de la technique de nage. En utilisant la technique de test avec appareillage et de retest sans appareillage et en relevant systématiquement la fréquence cardiaque du même nageur réalisant les deux 3.5 5.5 4.5 • ...·· • 3.5 • 1 • 3.5 4.5 5.5 ___....-·.... .......:···· ..··········• .·· •...·· ..········ .··· • ..·· ~.-····· . _... ..··· • Y•cVo2mu) 11 ' (V02 e1.tnpoJI!) . 0.119 +0.43 n• 24 r• 0.90 <> <0.001 4.5 5.5 Vo2 m.u mesuœ din:ctc.tnen~ <tmtn·•> 5.5 - 4.5 3.5 Figure 17 : Comparaison des V<h max obtenus directement et indirectement par la technique de rétroextrapolation (résultats personnels). 0 y BRASSE = 10-11 F 3 0.94959. Va+ 0.19676 12 F 4 0.87745. Va + 020716 12 G 4 1.35599 . Va+ 0.25242 13 F 9 0.97943. Va+0.13767 7 1.05904 . Va+ 0.00734 13 G 5 1.23195. Va- 0.15972 3 1.29178. Va- 0.23488 14 F 14 0.95906. Va + 0.122 6 1.36696 . Va - 0.23208 14 G 4 1.05660 . Va -0.01351 5 1.20187 . Va- 0.15046 15 F 15 0.9043. Va+O.l848l 3 1.06508. Va +0.02992 15 G 34 1.04197. Va + 0.00792 5 1.16353 . Va - 0.12591 16 F 5 0.82842. Va + 0.25272 16 G 13 0.98004. Va + 0.06760 17 G Il 1.10399 . Va- O.065223 Tableau 6 : Régressions permettant d'extrapoler la vitesse de nage réelle (y = m.s-1 ) à partir de la connaissance de la vitesse de nage avec appareillage (Va= m.s-1 ). Régressions établies par sexe, âge et technique de nage : crawl et brasse. y = vitesse réelle m.s-1 = a. vitesse avec appareillage (m.s-1 ) + b 117
  • 14. Etude des exigences de la natation tests dont les augmentations progressives de vitesse étaient rigoureusement identiques, nous avons pu calcu- ler les effets de l'appareillage et proposer les équations de correction correspondantes : tableau 6. Dans la continui- té de ces calculs, nous avons établi les normes relatives à la V AM nage en brasse et en crawl pour les garçons et les filles âgés entre 12 et 18 ans et plus (Cazorla, 1993). Ne disposant que d'un chronomètre et de distan- ces, l'entraîneur a surtout besoin de références chronomé- triques pour élaborer ses contenus d'entraînement. Plus que la connaissance de v02 max, c'est celle de la vitesse de nage atteinte à V02 max (VAM nage) ou mieux, les temps de passage aux 25, 50, 75, 100 ou 200 m corres- pondant non seulement à cette vitesse, mais aussi aux pourcentages utiles de cette vitesse, qui lui sont nécessai- res (l >. + Evaluation et utilisation de la vitesse aérobie maximale (VAM nage) Plusieurs protocoles triangulaires permettent aujourd'hui d'évaluer la VAM nage: en augmentant la vitesse soit tous les 50 m (Cazorla et coll., 1984), soit toutes les minutes (0.025 m/s: VAMEYAL Nage, Cazor- la, 1993), ou toutes les deux minutes (Lavoie et coll., 1985), soit encore tous les paliers de trois minutes entre- coupés entre eux par une période d'arrêt permettant les prélèvements sanguins en vue de la lactacidémie (TUBI!, Cazorla, 1992). • Evaluation de l'endurance aérobie spécifique Les résultats préliminaires d'une étude actuel- lement en cours (Petibois, 1994), nous ont permis de constater chez de jeunes nageurs spécialistes du 1500 m que, d'une part les 100, 200, 400, 1500 et le 3000 m crawl se nageaient à des vitesses moyennes égales res- pectivement à 115, 108, 104, 96 et 92% de la VAM (tableau 7) et, d'autre part, que selon le niveau et la spécialité des nageurs, les distances correspondant à la VAM se situaient entre le 500 et le 700 m. VAMNage V.lOOm % V.200m % spécifique est le pourcentage de la VAM nage que repré- sente la vitesse moyetme à laquelle est nagée une dis- tance quelconque. Vitesse moyenne d'une distance de nage (m.s"1 ) I.E.S. (% VAM)=--------- Vitesse aérobie maximale (ms"1 ) •100 Le tableau 7 donne des références préliminaires auxquelles nous souhaiterions ajouter celles que chaque lecteur intéressé voudra bien nous faire parvenir à l'adresse indiquée ci-dessous (1) (merci !). EVALUATION DE LA CAPACITE ANAEROBIE Pour la plupart des compétitions de natation et plus particulièrement pour le 100 et le 200 m, la glyco- lyse anaérobie contribue largement à la couverture des besoins énergétiques (figur·e 12 et tableau 2). Témoin de sa mise en jeu, la lactacidémie post-compétitions con- firme cette hypothèse (Tonna et Székely, 1978 ; Sawka et coll., 1979; Chatard et coll., 1988). Commentaires Dépendante de nombreuses influences, la valeur informative de la lactacidémie ne peut être que très ap- proximative. Les importantes variations inter-individu- elles et intra-individuelles doivent tenir compte de nom- breux paramètres comme la distance, la technique, la répartition de l'intensité au sein d'une même épreuve de compétition, la qualité des unités motrices et les masses musculaires sollicitées, et bien-sûr, l'influence de l'en- traînement. 11 serait donc hasardeux de vouloir tirer des conclusions hâtives ou souvent partielles en tenant dans l'ombre les influences de chacun de ces paramètres. Par exemple, il est souvent admis qu'une forte concentration d'acide lactique sanguin à l'issue d'une compétition de moyenne durée (100, 200, 400 m) peut contrarier la qualité de la performance. Une forte production d'acide V.400m % V.1SOOm % V.3000m % (m.s"1 ) (m.s"1 ) VAM (m.s-1 ) VAM (m.s"1 ) VAM (m.s-1 ) VAM (m.s-1 ) VAM Moyenne 1.475 1.698 115 1.600 108.1 1.53 103.6 1.42 96.2 L.3S 91.88 Ecart-type 0.04 0.15 4.1 0. 10 3.3 0.06 2.2 0.06 2.7 O.OS 2.36 Tableau 7 : VAM Nage, vitesses de nage et leur pourcentage (%) respectif de VAM réalisés par 14 jewtes nageurs (16.2 ± 2 ans) spécialistes du 1500 rn et de niveau club régional. D'après Petibois, 1994. Dépendant de l'interaction de quatre facteurs: de vo2 max, de l'économie de nage, de l'efficacité de la nage et du niveau d'entraînement, la VAM nage consti- tue une référence très pertinente de J'évaluation de la capacité technico-aérobie du nageur. A ce titre, elle entre pleinement dans toute batterie de tests du suivi de l'entraînement. A partir de cette référence, l'entraîneur peut non seulement mieux ajuster les vitesses individuel- les de chacun de ses nageurs ( l) mais aussi, suivre lui- même l'évolution de leur endurance en calculant l'indice d'endurance spécifique (lES). L'indice d'endurance 1 . Pour l'aider dans ces tâches, nous avons réalisé pour lui un logiciel très accessible actuellement distribué par l'Asso- ciation Recherche et Evaluation en A.P.S.- BP 40- F-33611 CESTAS CEDEX. 118 lacttque mdutt certes une acidose musculaue elevée, ma1s ne traduit-elle pas aussi une quantité équivalente de mo- lécules d' ATP synthétisées par la glycolyse, donc une contraction musculaire plus intense ? Par ailleurs, par rapport à la production du lactate par le muscle, qu'elle est la quantité qui diffuse dans le sang ? Au niveau san- guin, qu'elle est la quantité métabolisée par les autres organes (autres,fibres musculaires, myocarde, rein, foie...) ? Enfin, que représente une concentration san- guine de lactate dès lors qu'au moment du prélèvement, elle est toujours la résultante des débits d'entrée (eux- mêmes ne représentent qu'une partie du débit de forma- tion) et des différents débits de sortie et d'utilisation ? L'ensemble de ces inconnues rendent très aléatoire toute estimation du lactate produit par le muscle à partir de la simple lactacidémie.
  • 15. Troisième Colloque International de la Guadeloupe 15, 16, 17 Décembre 1994 + La lactacidémie comme moyen d'évaluation de l'état d'entraînement Parmi les multiples protocoles utilisés pour en- registrer les variables physiologiques (fréquence cardia- que, v0 2, lactacidémie) susceptibles de renseigner sur J'état du nageur, l'épreuve triangulaire de nage demeure té de la courbe vers la droite ou vers la gauche tradui- raient une amélioration ou une diminution de l'efficacité du système aérobie, synonymes d'une meilleure ou d'une moins bonne condition physique. Qu'en est-il de ces théories ? • - Partie basse de la courbe : A l'occasionla plus classique. Enregistrées au cours (FC et v 02) et à l'arrêt de chaque palier (lactacidémie), ces variables sont d'exercices triangulaires, une récente étude (Fukuba et ensuite analysées en fonction des différentes vitesses de coll., 1989) a bien mis en évidence que la production musculaire de lactate et la consommation d'~ augmen- r-n_a:._g_e·- - -- -- - -- - -- - -- - -- - -----------, taient de façon strictement linéaire et C901"""c .E 190 '-... -a 170 ..0 ~ QJ ::1 160 CT .Q 150'U a() 140 Q) (.J 130cQJ :J CT 120 •Q) '- Li.. 110 l C.SOtO + + ............: ...........x .........·M·····--····)(····· 1.1 Od!i: il> 1.2 1.3 1,1 1.5 0.+1:" O.JS.7l O.:IQ: ., "'n.33 Vitesse (m/s) Temps de passage auK 50 m :+ 1.6 0: 3lt :l5 12 ll lO non de façon curviligne comme le fait le lactate sanguin, confirmant ainsi les résultats de Connett et coll. (1984). Ces 9 r-.. travaux montrent aussi que le lactate "-. est produit par le muscle dès les plus 6 § basses puissances et s'y accumule sans 7 c augmentation parallèle de libération 6 ";' dans le sang veineux effluent. s E L'absence de modification de la lacta- 4 t cidémie de début d'épreuve triangulaire .... n'est donc pas synonyme de J'absence 3 g de production musculaire de lactate, 2 _J 1.7 0.29t~l mais tout simplement de l'absence mo- mentanée de sa diffusion. Figure 18 : Représentation de la fonction linéaire FC-Vitesse et cwviligne Vi- tesse-Lactacidémie. -Inflexion de la courbe : Les travaux de Chance et Quistorff (1978) et de Jorfeldt et coll. (1978) ont apporté la preuve qu'à aucun moment le muscle ne se trouve en hypoxie. Les concen- trations musculaires de lactate com- L------- -- - - - - - - - -- - -- - ------__.J mencent à s'élever nettement alors que Concernant la lactacidémie, la courbe définie avec les autres variables : vitesse, FC; v02 présente un aspect curviligne s'apparentant à une fonction exponen- tielle ou à celle d'une branche d' hyperbole (figure 18). Cet aspect curviligne est habituellement interprété comme indicateur de la nature des métabolismes mis en jeu en fonction de la vitesse de nage. Selon une théorie largement admise, la partie basse de la courbe, souvent parallèle à l'abscisse d' un système orthonormé, signifie- rait que l'énergie est d'abord fournie de façon exclusive- ment aérobie, car sans production (apparente) d'acide lactique. Puis, une première sensible inflexion constitue- rait la limite de l'exclusivité aérobie de la production d'énergie, aussi définie comme «seuil aérobie». Une deuxième inflexion, plus verticale, de la courbe définirait ensuite avec la première, une zone métabolique transi- tionnelle dans laquelle l'énergie serait fournie de façon mixte aérobie et anaérobie. Enfin, à partir de la deuxième inflexion, définie aussi comme « seuil anaérobie», l'énergie serait, de plus en plus, fournie dans des condi- tions d'anaérobiose par la glycolyse, traduisant un état de plus en plus grande hypoxie musculaire dont la consé- quence et le témoin seraient une forte production et une accumulation sanguine de l'acide lactique. Ainsi, par simple projection orthogonale sur les abscisses et les or- données du graphique (figure 18), les seuils aérobie et anaérobie permettraient de détecter les FC, les v02 et surtout les vitesses de nage entre lesquelles 1'entraîne- ment serait le plus favorable au développement de l'endurance aérobie. Enfin, les déplacements de la totali- 119 le pourcentage de saturation en oxy-hémoglobine est en- core très important (25%). Ce n'est donc pas J'absence d'oxygène qui entraînerait l'accumulation du lactate, mais probablement la capacité de l'activité maximale des enzymes oxydatives qui limiterait le flux d'entrée du py- ruvate dans le cycle de Krebs et, en conséquence, entraî- nerait donc une plus grande formation de lactate cyto- plasmique. - « Seuils aérobie et anaérobie » : On peut alors légitimement s'interroger sur la signification des« seuils»... s'ils existent?! ? Remarquons d'abord qu' il est tout à fait arbitraire de fixer des points dits « seuils » sur des cinéti- ques représentant des continuums biologiques. Ensuite, le nombre de techniques proposées aujourd'hui pour dé- terminer les« seuils» (19 selon Tokmak.idis, 1989 et 22 selon Péronnet, 1992) et surtout le rocambolesque de certaines d'entre elles, montrent à l'évidence la difficulté de fixer ces points, opération qui souvent fait appel à une part importante de subjectivité et à beaucoup d'imagina- tion ! Enfin, bien qu'au plan bioénergétique la notion de seuil ne peut se justifier, les différentes inflexions de la courbe peuvent aussi tout simplement résulter d'un effet de rémanence biologique induite par la succession de paliers au cours des épreuves triangulaires. C'est pour- quoi un certain nombre de travaux (Jorfeldt et coll., 1978 ; Mader et coll., 198 1 ~ Stegemann et Kindermann, 1982 ; Chassain et coll., 1986 ; Rieu, 1986 ; Billat, 1988) pro- posent de déterminer la puissance critique correspondant aux « seuils » par la lactacidémie obtenue au cours et à l'issue d'exercices musculaires rectangulaires et proton-
  • 16. Etude des exigences de la natation gés à puissance constante. Dans ces travaux, c'est la puissance charnière la plus élevée au cours de laquelle la lactatémie demeure stable qui est recherchée. Cette sta- bilité traduisant des flux lactates équivalents d'entrée et de sortie du compartiment sanguin serait, selon les au- teurs, la preuve d'un travail exclusivement aérobie. COKPIJU.ISON D' EVALUATIOPIS PAR CALCUL 0!: DlrJ'atPIC&S DUPONT JEAN OiacipUne : ~A'tATION .S~iaUU : CRAWL O.t.e )0/05/U l0/0'1'192 av.c 10 .. EValuation courante, !~~~T~ation n • l e t 1!2 • Evaluation n •2 t.act • n ..Ol/1 f!O !1 1 • 1:1- BO 1!:2 1 • !2-11 1 • 12-KO l 11 11l 1 ,.. 1 _, l 11 '·' 1 '·' 1 _, 1 1 Figure 19 : Comparaison des courbes lactates-vitesse de nage- V<h entre la reprise de saison et deux mois plus tard par la technique d'une variable choisie arbitrairement. Dans ces conditions expérimentales, Jorfeldt et coll. ( 1978), Rieu (1986) ont trouvé des états stables de la lactacidémie à des concentrations quelquefois supérieures à 6 mmoi.r', donc très éloignées des 2 et 4 mmol.r1 habi- tuellement retenues, et à des intensités correspondant à 85% de V02 max. Dans nos travaux réalisés avec des nageurs (résultats non publiés), la première inflexion de la courbe est en moyenne obtenue à 66% ± 2% de VAM nage et 4 mmol.r1 correspond à 81% ± 3, pourcentages très inférieurs à ceux auxquels sont nagés le 400, 1500 et 3000 m (Petibois, 1994 : tableau 7). Autrement dit, si les valeurs de 2 et 4 mmoi.r' étaient retenues comme critères d'entraînement, à coup sûr les vitesses de nage seraient totalement inadaptées pour préparer correctement le na- geur aux compétitions même de longue durée ou tout simplement pour développer efficacement leur capacité aérobie. Plutôt que d'hypothétiques « seuils», nous pen- sons qu' il serait plus souhaitable de définir les pourcen- tages individuels de VAM nage les plus favorables au développement de la capacité aérobie du nageur (endurance en début de saison puis endurance et puis- sance maximale aérobie ensuite) ou de son endurance spécifique de nage en fonction de sa spécialité. A notre connaissance, n·ayant jamais été réalisée, cette étude devrait constituer une excellente piste de recherche. - Déplacement de la courbe des lactates : Si la Iactacidémie s'avère très aléatoire pour définir des in- tensités d'entraînement, elle peut constituer par contre un moyen supplémentaire de suivi et de contrôle de 1'état 120 d'entraînement du nageur. Il est bien connu que les cour- bes : lactates- vitesse, lactates-Fe et lactates-v02 se dé- placent en fonction de l'état d'entraînement du sujet (Tesch et coll., 1982; Walsh et Banister, 1988). Dans le cas de son déplacement vers la droite, contrairement à l'interprétation généralement admise, ce n'est pas l'aug- mentation de l'apport en oxygène qui en est la cause mais bien l'amélioration de l'activité enzymatique liée principalement à l'augmentation de la densité des mito- chondries (Gollnick et coll., 1972 et 1986) et consé- quemment, à celle des enzymes oxydatives (pour une explication plus approfondie, lire notamment Bylund- Fillenius et coll., 1981 ; Péronnet, 1992; Cazorla, 1993). Signalons enfin, que les déplacements de la courbe des lactates peuvent aussi être obtenus par simple absorption massive de glucose ou par une déplétion en glycogène des muscles sollicités. Après bien d'autres auteurs, nous avons pu vérifier l'importance de ces déplacements (Cazorla, 1993) en modélisant deux techniques bioma- thématiques que nous avons informatisées (2 ) A partir de la superposition de deux ou trois courbes obtenues à des dates différentes, afin d'objectiver les éventuelles amélio- rations, la première technique, et la plus simple, consiste à choisir arbitrairement sur ces courbes une des variables obtenues : vitesse de nage, fréquence cardiaque, v02 ou concentration d'acide lactique, de constater à quelles autres variables elle correspond (projection orthogonale sur les axes y, x et y' de la figure 19) et de calculer leurs différences entre les deux ou trois dates où a été réalisé le même protocole (figure 19). La seconde technique, plus complexe, utilise la différence des intégrales calculées entre les courbes lacta- tes et les autres variables : vÛ2, vitesse, FC (figure 20). t90 ê •t: l60 '.! l]Q u '"' .B- ~~., b() 1.40 tl g 1.30 ~ l20 ...~ "- ..•Ot-<W Qol:ll22 Vlles5e (m/o) T•"Pl 61 Na•~• •u~e 50 • DUPONT JEAN Discipline : NATATION S~i.-llU· : CRAWL 1•• ~lllll '·' 12 Il r10 ; 9 )6 ~ J ~6 ~!) ~ " r'~2 t 1 c. lJI E ~ 0 g ..J EValuation COUI"ante Evaluation nuaero 1 P>Yalu•tion nu.ero 2 Data lO/OS/92 Vit ..x 1.62 re aax 184 L.act aax U.J EQUATIONS DES COURBES 01 REGRESSION V.U.tURS ABSOWES DES INTECRALBS Bornea d'int~otion choiaiaa : 1. 2 - 1.62 •1• Prf:quance Cardjaqua - Viteaae Lactt~t••i• - V 1teaae 2.893 0. 422 Figure 20 : Comparaison des courbes lactates-vitesse de nage-FC par la technique des différences d'intégra-les. 2 . Logiciel TIJB.II distribué par l'A.R.E.A.P.S. - BP 40 - 33611 CESTAS CEDEX
  • 17. Troisième Colloque International de la Guadeloupe APPROCHE MULTIFACI'ORIELLE DE L'EVALUATION Comme nous l'avons précédemment indiqué, jusqu'ici, par souci de clarté, nous n'avons abordé cha- cune des dimensions à évaluer que l'une après l'autre. Sur de nombreux aspects, le lecteur attentif a cependant perçu la nécessité de ne pas s'en tenir qu'à la composante évaluée pour tenter d'expliquer la performance. Une part importante de celle-ci peut être prédite soit en utilisant un traitement multifactoriel des résultats obtenus. A cet égard, la régression multilinéaire nous a permis de mieux comprendre le rôle de chacune de ces variables prises en interaction les unes avec les autres dans la prédiction de la performance (Cazorla et Mont- petit, 1988). Soit en évaluant un des critères regroupant la contribution de plusieurs variables. Les récents con- cepts d'économie et d'efficacité de nage répondent as- sez bien à cet objectif. +L'économie de nage Le coût métabolique (Cm) nécessaire pour se déplacer à une vitesse donnée sur une unité de parcours (exprimée en rn ou en km) est défini comme « économie de nage». On l'exprime en ml~..m-1 , en kJ/km ou en J/m (llitre d'~= 20.8 kJ). La puissance métabolique ou dépense d'énergie par unité de temps (E) est le résultat du produit de la vitesse (V) multiplié par le coût métabo- lique E = Cm x V ou par simple transposition des termes : Cm = E/V donc, en divisant E par la vitesse, on obtient le coût métabolique pour parcourir une distance à une vitesse donnée. Comme E correspond au v02 net (V 02 brut - vo2 de repos) qu'il est possible de mesurer au cours de la nage et V une vitesse constante, on peut ainsi mesurer 1'économie de nage : Cm = vÛ2 net/Vitesse constante. En général, quelle que soit l'activité, « l'éco- nomie de locomotion » constitue un important facteur de la performance, surtout si cette activité est de longue du- rée. En natation, compte tenu de l'importance de la traî- née qui s'oppose à la translation et en conséquence de l'ensemble des facteurs que nous venons d'étudier, le problème de « 1'économie de nage » revêt une plus grande acuité dans l'expression de l'habileté locomotrice (Holmer, 1974 a, b etc ; Pendergast et coll., 1977, 1979 ; Montpetit et coll., 1983, 1988b ; Chatard et coll., 1985, 1990 ; Costill et coll., 1985 ; Kearney et VanHandel, 1989). Elle varie beaucoup d'un nageur à l'autre(± 15% chez les nageurs élites:± 30% chez les nageurs moyens). Ces variations dépendent pour une grande part de l' habileté technique (Montpetit et coll., 1983 et 1988a), de la technique de nage et des formes corporelles (Chatard et coll., 1985 et 1990 ; Costill et coll., 1985 : Montpetit et coll., 1988b). Plusieurs études ont bien dé- montré qu'à vÛ2 max comparables, l'économie de nage présente d'importantes corrélations avec la performance de moyenne et de longue distance (Costill et coll., 1985 ; Van Handel et coll., 1988 ; Cazorla et Montpetit, 1988). Pour 1'ensemble de ces raisons, dans tous les centres d'évaluation où v0 2 peut être mesuré, deux critères sont extrêmement intéressants à retenir : la consommation maximale d'oxygène pour juger du potentiel aérobie maximal du nageur et 1'économie de nage afin de mieux rendre compte de son habileté technique. 121 15, 16, 17 Décembre 1994 + Protocoles de mesure de l'économie de nage Deux protocoles sont actuellement les plus utili- sés. L'un nécessite de nager à une vitesse inframaximale constante (généralement 1.2 m/s pour le crawl et 1 m/s pour la brasse), l'autre consiste à incrémenter la vitesse de nage toutes les une, deux ou trois minutes jusqu'à atteindre le v02 max. Afin de définir avec précision la ou les vitesses à suivre, les deux protocoles requièrent des repères acoustiques ou lumineux. Résultats Qu'il soit réalisé au cours de la nage ou par ex- trapolation en fin d'épreuve, dans chacun des protocoles le recueil des gaz expirés introduit un risque non négli- geable d'erreur. Un deuxième risque résulte du calcul des coûts en vÛ2 brut et non en vÛ2 net. Les vÛ2 de repos dans l'eau présentant d'importantes différences (0.40 à 1.99 l.min-1 : Holmer, 1972; Cazorla, 1992), il est indis- pensable d'en tenir compte dans le calcul des coûts éner- gétiques. Il n'est donc pas exclu que les différences ob- servées entre les résultats d'études récemment publiées en dépendent en partie. Dans nos études, nous en avons tenu compte en calculant les coûts nets et en corrigeant les vitesses obtenues avec appareillage à partir des équa- tions présentées dans le tableau 8. Commentaires Ces résultats montrent clairement que, à une même vitesse (ici 1.2 mis), plus le niveau du nageur est élevé, plus bas est le coût énergétique et donc, meilleure est 1'économie de nage. Par ailleurs, les femmes se mon- trent (pour une fois !!) plus économes que les hommes, ceci résulte probablement de leur densité plus faible, de leur moindre couple de rotation (Gagnon et Montpetit, 1981) et donc, de leur meilleure flottabilité. L'économie de nage peut aussi être fortement influencée par les for- mes corporelles du nageur. Même au sein de populations homogènes de nageurs de haut niveau, les coûts énergé- tiques à une même vitesse de nage peuvent beaucoup varier. Cependant, ces variations sont considérablement réduites lorsque les coûts nets sont exprimés par unité de poids du sujet immergé. Selon Montpetit et coll. (1988a), 40% de la variance peuvent être expliqués par les poids différents. En outre, Chatard et coll. (1990) précisent que la surface corporelle et la poussée hydrostatique expli- quent 31% de la variabilité du coût en oxygène par unité de distance nagée. Enfin, il a aussi été démontré que, outre les facteurs anthropométriques, la position du corps dans l'eau et l'amplitude articulaire pouvaient aussi avoir un rôle non négligeable dans les différences du coût énergétique de la nage (Pendergast et coll., 1978 ; Cha- tard et coll., 1990). Par ailleurs, dans la plupart des étu- des, le coût énergétique est calculé pour une vitesse in- framaximale quels que soient les groupes d'appartenance des nageurs. Généralement 1.1 ou 1.2 m.s-1 en crawl et 0.9 ou 1.0 nl.S-1 en brasse. On peut toutefois remarquer que selon l'âge, le sexe et le niveau du nageur, ces vites- ses représentent un pourcentage différent des possibilités maximales individuelles. Dans ces conditions, les diffé- rences de coût obtenues reflèteraient surtout l'importance de l'intensité relative propre à chaque nageur.
  • 18. Etude des exigences de la natation Références n Niveau de_IJerformance ml02.m-1 gétique mesurée à une vitesse de nage identi- MASCULINS que pour tous ou relative par rapport à la CostiJI et coll. (1985) 22 Championnat scolaire 50.5 VAM nage individuelle. Van Handel et coll. (l988a) 19 Elite intemationale 36.0 + Efficacité de nageMontpetit et coll. (1988a) 38 Loisirs sp01t pour tous 40.7 Chatard et coll. (1990a) 37 Compétition niveau A 43.3 Pour être plus précis et intégrer les 41 Compétition niveau B 44.0 nombreux facteurs qui interviennent dans la 23 Compétition niveau C 42.5 locomotion aquatique, nous suggérons le 101 A+B+C 43.3 nouveau concept d'efficacité de nage en cal- Cazorla (présente étude 92) 4 Club 12 ans 31.8* culant le coût énergétique net par unité de 5 Club 13 ans 34.5* surface corporelle d'un cycle locomoteur pour 34 Espoir national 15 ans 42.0* se déplacer à une vitesse vraie (vitesse corri- l3 Espoir national16 ans 41.9* gée sans appareillage) identique pour tous ou Il Espoir national 17 ans 45.6* correspondant à un pourcentage donné de la FEMININES VAM nage individuelle. C'est le sens de nos Costill et coll. (1985) 15 Championnat scolaire 40.5 travaux actuels : tableau 9. Van Handel et coll. (l988a) 18 Elite intemationale 28.0 Une autre façon de procéder, comme Montpetit et coll. (1988a) 38 Loisirs sport pour tous 39.0 le propose Montpetit (I 984) est d'appliquer Cazorla (présente étude 92) 8 Club 10-12 ans 32.0* aux dimensions du nageur, l'équation allomé- 9 Club 13 ans 31.2* trique de Huxley de façon à obtenir la possi- 17 Espoir national 14 ans 30.9* bilité de ne comparer entre eux que les coûts 15 Espoir national 15 ans 33.2* énergétiques liés uniquement à leur locomo- 5 Espoir nationall6 ans 36.6* tian. Ainsi, en affectant la masse corporelle, * Résultats corrigés après la mesure de l'effet individuel de l'appareillage de la taille, la surface corporelle et la traînée recueil des gaz expirés sur la vitesse de nage. de leur dimensionnel Tableau 8 : Coûts en 02 pour nager 1 rn en crawl à une vitesse de 1.2 mis. paSSIVe exposant GARCONS n 1. vo2 brut mUcycle mUcycle/kg mVcycle/m2 de smface corporelle 2. V 02 net* Moyenne (éca1t-type) Moyenne (éca1t-type) Moyenne (éca1t-type) Brasse 8 1. 109.34 (17.04) 1.66(0.16) 59.40 (6.05) 2. 94.69 (15.76) 1.42 (0.15) 50.92 (5.29) Crawl 17 1. 95.51 (19.27) 1.42 (0.24) 52.28 (9.26) 2. 77.90(18.15) 1.17 (0.23) 42.81 (8.64) FILLES n 1. V 02 bmt mUcycle mUcycle/kg mVcycle/m2 de smface corporelle 2. V02net* Moyenne (éca1t-type) Moyenne (écmt-type) Moyenne (écart-type) Brasse 8 1. 81.27 (17.84) 1.54 (0.39) 52.01 (13.51) 2. 68.02 (15.20) 1.30 (0.34) 43.67 (Il.75) Crawl 20 1. 60.81 (11.50) 1.15 (0.21) 38.55 (6.96) 2. 48.15 (lO.72) O.90__(2.2Q)_ 30.21(6.43) • • • 1).* V 02 net = (V 02 bmt- V 02 de repos dans l'eau. Tableau 9: Coût énergétique d'un cycle locomoteur complet (cycle bras+ battements pieds) à une vitesse correspondant à 90% de la vitesse individuelle atteinte à V 02 max. A des fins de comparaison et surtout pour mieux apprécier l' habileté locomotrice, il serait donc souhaita- ble de mieux standardiser la mesure du coût énergétique. Ainsi, il nous semble très intéressant d'obtenir non seu- lement le coût énergétique brut pour parcourir un mètre à une vitesse vraie donnée, mais aussi celui du coût éner- gétique net à cette même vitesse et à une vitesse corres- pondant à 90% de la VAM nage. Enfin, comme certains auteurs et maints entraî- neurs s'accordent à le penser, on peut aussi se demander si J'économie de nage est fonction de l'indice spatio- temporel de nage issu de la méthodologie de Costill et coll. (1985). Les résultats préliminaires d'une récente étude présentée par Montpetit (1992) indiquent aucune corrélation entre J'économie et l'indice de nage «du moins chez des nageurs de bon niveau et homogènes quant-à leurs dimensions corporelles». D'où la nécessité de reconsidérer la notion d'efficacité de nage en intégrant le déplacement d'un cycle locomoteur à la dépense éner- 122 (respectivement -0.44, -1.57, -0.72 et -0.79), on relativise leur effet respectif ce qui permet de comparer les coûts énergétiques de la locomotion de nageurs aux gabarits très différents. TRAINEE r ECONOMIE ET EFFICACITE DE NAGE PROPULSION DEPENSE D'ENERGIE Figure 21 : Représentation d'un modèle multifactoriel de variables prises en compte lors du calcul de l'économie ou de l'efficacité de nage.
  • 19. Troisième Colloque International de la Guadeloupe L'ensemble de ces travaux confirme que l'évalu- ation de la dépense énergétique du nageur ne peut non plus faire l'économie du modèle multifactoriel et, plus particulièrement, du trièdre : traînée résultante - propul- sion - énergétique dont la connaissance des interactions autorisent une meilleure approche des exigences de cha- cune des spécialités de la natation de compétition et de- vrait permettre une prédiction plus précise de la perfor- mance à venir (figure 21). + POURQUOI EVALUER ? Pourquoi évaluer ou, plus précisément, dans quelles perspectives utiliser 1'outil « évaluation » ? Pour notre part, nous en distinguons essentiellement deux : CD A 1'échelle individuelle du couple entraîneur-nageur en début et au cours de chaque saison sportive afin de mieux connaître les capacités du nageur, de définir en consé- quence des objectifs réalistes d'entraînement et d'en contrôler les effets? ou <2> à l'échelle d'entités organi- sées : Comités Départementaux, Régionaux et a fortiori au niveau de la Fédération Française de Natation, comme élément indispensable d'une politique de repérage, de formation, de sélection et de suivi des nageurs talen- tueux. • L'EVALUATION : OUTIL DE CONTROLE ET DE SUIVI DE L'ENTRAINEMENT L'entraînement devrait logiquement dépendre des exigences de la ou des compétitions visées. Entraîner n'est-il pas tenter de préparer un sportif dont il convient de bien connaître les capacités, à l'ensemble de ces exi- gences ?. Encore faut-il bien connaître à la fois ce que sont ces exigences et ce que sont les capacités du nageur. En d'autres termes, les exigences de la ou des spécialités choisies représentent le but vers lequel doivent tendre les différents contenus d'entraînement alors que les capacités du nageur en constituent leurs points de départ. En fonc- tion du moment de la saison, les contenus devraient donc se situer entre ces deux extrêmes sur la trajectoire définie comme «planification de l'entraînement ». L'individualisation, le contrôle et le suivi font donc totalement partie de la progranunation de 1'entraînement. Ils nécessitent en premier lieu, le choix des évaluations 15, 16, 17 Décembre 1994 les plus congruentes pour exprimer l'évolution des ca- pacités entraînées et, en second, le choix des périodes où elles doivent être utilisées. A ce niveau on distingue habi- tuellement l'évaluation diagnostique de départ, du suivi proprement dit qui peut revêtir soit la forme d'une éva- luation sonunative ou bilan, soit une évaluation interac- tive ou formative. L'évaluation diagnostique de début de saison per- met d'identifier les forces et faiblesses du nageur en re- gard des exigences de sa spécialité et préside ainsi à la pertinence du choix des contenus de l'entraînement les plus appropriés. Pour ce faire, nous avons élaboré des fiches « profil » qu'il est possible d'utiliser (Cazorla, 1993) et un logiciel spécifique (Profil-Eva!) permettant de repérer points forts et points faibles de chacun des nageurs évalués. En rendant compte des écarts entre les résultats de différentes évaluations, la finalité du suivi est de juger de l'efficacité du programme d'entraînement choisi et, en conséquence, d'en individualiser, d'en contrôler, voire d'en réorienter les charges spécifiques. De façon concrète, nous proposons la périodicité suivante : dès la reprise de chaque saison, deux séances d'entraînement devraient être consacrées à l'évaluation « état des lieux » à partir de laquelle la programmation sinon individuelle, du moins par groupes de niveaux ho- mogènes, devrait être établie en définissant les objectifs les plus réalistes et les contenus d'entraînement les plus appropriés. Si le nageur s'entraîne au moins cinq fois par se- maine, huit semaines plus tard, l'évaluation des capacités physiologiques devrait être renouvelée. Ensuite, selon les spécialités (distances longues ou courtes), et selon les contenus d'entraînement, la périodicité est à établir par l'entraîneur. A partir de tests très accessibles (distances chronométrées, nombre de cycles locomoteurs par mi- nute, distance par cycle, glisse, tests des capacités physi- ques à sec), chaque microcycle peut être ponctué d'une évaluation. Les évaluations nécessitant plus de temps ou davantage de matériel sont à programmer à l'issue de chaque mésocycle à objectif spécifique. A titre d'exemples, les tableaux 10 et 11 proposent des contenus d'éva- luation et d'organisation qui nous semblent être les plus judicieux. Tableau 10 : Mesures, tests et pé.-iodicités recommandés pour le suivi de l'entraînement I. MESURES ET TESTS RECOMMANDES -Biométrie : Taille (nageurs de moins de 17 ans), poids et pourcentage de graisse. - Ca1>acités motrices générales : Tractions (garçons) ou durée de suspension à la barre (fil-les), détente verticale. - Capacités spécifiques : Souplesse du dos et des épaules, départ coulée ventrale, virage coulée ventrale, force de pro- pulsion à sec (si mini-gym), dans l'eau (si dynamomètre spécifique), nombre de cycles locomoteurs/min à VAM et à vitesse sprint maximale (VSM), distances par cycle locomoteur à VAM et à VSM. - Capacités physiologiques : Vitesse Aérobie Maximale (VAMEVAL Nage ou TUB.II), cinétique FC-Vitesse- Lactacidémie (si cardiofréquencemètre et analyseur de lactates). -Performances : Sprint max : 20 m (spé) départ dans l'eau ; 200 m (spé) + lactate max (3 min après) ; 6x50 m (spé) ; 6x200 m crawl ou brasse ou TUB.II (PC-Lactate). II. PERIODICITE RECOMMANDEE - Deux fois par saison (hiver-été) : taille, poids, % de graisse. - Au début et à la fin de chaque macrocycle (le macrocycle correspond à une demi-saison d'en-traînement, hiver ou été, et comprend les mésocycles respectifs suivants : r·epr·ise - quantification (travail aérobie 8 à 10 semaines) ; in- tensification (travail de la puissance maximale aérobie + capacité anaérobie lactique en fonction de l'âge et de la spé- cialité, 8 à 10 semaines) : affûtage (travail mixte : travail de la puissance aérobie-anaérobie lactique et surtout sprint eu fonction de la spécialité). 123
  • 20. Etude des exigences de la natation Tableau 11 : Contenus suggérés des différentes évaluations d'une saison sportive PREMIER MACROCYCLE (lllVER) Première évaluation de début de saison (évaluation initiale ou diagnostique à envisager lors de la deuxième ou troi- sième semaine après la reprise) : - Appréciation technique - Physique : Traction ou suspension barre, détente verticale, souplesse dos et épaules, force de traction bras à sec (mini-gym). - Glisse : Départ coulée ventrale, virage coulée ventrale, durée rotation corps horizontal et vertical. -Biomécanique : Distance par cycle locomoteur à vitesse aérobie maximale et à vitesse sprint maximal, force de pro- pulsion dans l'eau (comple,jambes, bras). - Physiologie : Si lactatémie, fréquence cardiaque (FC) et logiciel TUB.II sont accessibles, établir la cinétique PC- Vitesse-Lactate à partir du test TUB.II (6x200m). Si seuls FC et logiciel TUB.Il sont accessibles, établir la cintétique FC-Vitesse à partir du logiciel VAMEYAL. Si ni lactatémie, ni FC sont accessibles, déterminer la vitesse aérobie maximale en utilisant le test VAMEYAL Deuxième évaluation de fin de cycle « reprise-quantification » : Reprendre les mêmes tests + sprint 20 rn départ dans 1'eau, nagé en spécialité. Troisième évaluation de fin de cycle « intensification » : Reprendre les mêmes tests que pour la deuxième évaluation, et comparer les résultats. DEUXJEME MACROCYCLE (ETE) Ne prendre que deux évaluations. La première en début et la seconde en fin du cycle « intensification ». Reprendre les mêmes contenus que ceux des évaluations correspondantes au premier macrocycle (3ème évaluation). Tous les trois microcycles : départ coulée ventrale, virage coulée ventrale, sprint max, 200 m avec si possible FC de récupération + lactates, si possible 6x50m, test progressif de nage : VAMEYAL Nage. Une fois par microcycle (une semaine) : distance par cycle locomoteur à vitesse aérobie maximale dans la spécialité et à vitesse de sprint maximal • L'EVALUATION A L'ECHELLE D'ENTITES ORGANISEES Tous les spécialistes dans les domaines de l'éva- luation en sport sont unanimes pour souligner la com- plexité des interactions multiples à l'origine de la per- formance. Cependant, parmi ces interactions, trois fac- teurs sont le plus souvent considérés comme essentiels : - Le maintien ou le développement d'une forte motivation pour la pratique sportive et pour la compétition ; - Une très grande capacité de travail ; - Et d' importantes aptitudes qui, souvent, ne se révèlent qu'au cours ou à l'issue d'un entraî- nement planifié sur plusieurs années. L'émergence du« talent» n'est donc jamais fortuite mais relève d'un environnement dans lequel, à un mo- ment donné, le jeune sportif en devenir va rencontrer les facteurs les plus favorables à son épanouissement. Ce moment et ces facteurs peuvent être très différents selon la maturation propre à chaque jeune et selon les sports considérés ; Aussi, serait-il illusoire de penser qu'une seule opération d'évaluation, souvent baptisée à tort « détection des talents » pourrait suffire pour régler 1'ensemble de ces délicats problèmes. Tenant compte des grandes variabilités interindivi- duelles, plutôt que d'actions isolées et souvent non sui- vies, c'est un programme d'évaluations longitudinales accompagnant la pratique sportive depuis les balbutie- ments des premiers choix du débutant jusqu'au plus haut niveau de spécialisation du sportif confirmé qu'il con- vient de mettre en place. L'efficacité d'un tel programme dépend bien-sûr de la cohérence d'une politique fédérale dans laquelle il doit être intégré et dont il constitue un des éléments indispensables (Cf. tableau 12 placé en 124 annexe). C'est dans ce sens que, depuis 1977 et jusqu'en 1989, à la demande de la Fédération Française de Nata- tion, nous avons orienté nos travaux. Le modèle élaboré alors est aujourd'hui largement utilisé par... la Fédération Française de Rugby !! Afin de faire éclore, repérer, développer les poten- tialités du nageur, puis suivre ensuite leur évolution, cinq étapes nous semblent le mieux recouvrir la longue matu- ration nécessaire pour espérer atteindre le plus haut ni- veau possible (figure 22). Pour chacune d'elles, une bat- terie de tests la mieux adaptée à l'âge et au niveau de pratique doit être envisagée. Pour en potentialiser la qualité informative, elle devrait toujours être accompa- gnée d'une observation des comportements réalisés en cours de formation, d'apprentissage, d'entraînement et de compétition et la totalité de leurs résultats devraient être enregistrée et traitée à l'échelle départementale, ré- gionale et nationale afin, non seulement de suivre l'évolution d'un jeune nageur, mais aussi d'établir les normes nationales dont l'entraîneur de club a besoin (figure 23). Ce modèle fonctionne déjà au bénéfice de la F.F. de Rugby. - L'étape préparatoire : Au sortir d'une période préparatoire, véritable propédeutique sportive au cours de laquelle la formation des jeunes âgés entre 7 et 10 ans devrait pouvoir bénéficier de pratiques multiformes et multisports (figure 24), notre première batterie a pour objet de les aider à choisir la natation plutôt que d'autres disciplines comme une des premières pratiques dans laquelle ils ont le plus de chances de réussir sportivement : la batterie d'aide au choix (tableau 13). - L'étape du début de l'entraînement eu club : Bien que nombreux sont ceux qui pensent qu' il faut commencer tôt l'entraînement de natation, nos statisti- quesne sont pas aussi affirmatives. Très peu de cham-

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