Gouesnac'h
REGARDS SUR LES PREMIÈRES ANNÉES
DE L'ÉTAT-CIVIL
A GOUESNAC'H (1680-1730)
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résidaient
vraisemblablement
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KERGARADEC,
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Les naissances doubles ne sont pas
exceptionnelles. Dans le demi-siècle 16801730, le fait se présente 13 fois. Les
enfants...
parfois fortement d'une année à l'autre: 1
en 1705 et 1706, maximum de 12 en 1690.
Les registres de sépultures donnent,
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Par contre les registres mention de
l'âge des défunts, mais avec une
imprécision certaine, comme le prouvent
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Population fouesnant-phpbc8c ag

Published on: Mar 4, 2016
Source: www.slideshare.net


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  • 1. Gouesnac'h REGARDS SUR LES PREMIÈRES ANNÉES DE L'ÉTAT-CIVIL A GOUESNAC'H (1680-1730) Selon la définition des dictionnaires, l'état-civil est la condition des individus en ce qui concerne les relations de famille, la naissance, le mariage, le décès. Mais parler d'état-civil en 1680 est prématuré, puisque cette institution n'apparaîtra qu'à la Révolution qui chargera les municipalités nouvellement créées de la tenue de ce service administratif laissé jusqu'alors aux soins des autorités religieuses. Nous utilisons cependant le terme par commodité. L'Ancien Régime avait, en effet reconnu l'intérêt d'individualiser les administrés, pour des questions d'imposition et de police sans doute. En 1579, l'Ordonnance de Blois prévoit la tenue de registres de baptême, de mariages et de sépultures i celle de Saint-Germain en Laye, en 1667, ramène à un registre unique. La mise en place de ces réglementations ne fut pas immédiate: il fallait que l'information parvienne à toutes les autorités épiscopales du Royaume et que celles-ci les répercutent au clergé des paroisses chargé de la tenue des registres. La collection des registres de GOUESNAC'H conservée aux archives départementales de QUIMPER commence en 1680, mais présente quelques lacunes : manquent les années 1681 à 1689, 1691, 1693 à 1700, 1703; elle ne commence de façon suivie qu'en 1704. Quelques mots du registre de 1680, qui est en assez mauvais état: bords effrangés feuillets rongés par quelque souris de presbytère, taches d'humidité, écriture effacée, d'où de nombreuses plages illisibles. Mais bien que difficilement exploitable, il n'en présente pas moins un intérêt sentimental certain, puisqu'il conserve le souvenir officiel de quelques uns des gouesnachais de l'époque, y sont citées notamment les familles KERAVEN, Le CLOAREC (de Robolio), CARADEC, QUILVEN, GUILLOU, CLEKENS, COSQUÉRIC, Le PROVOS, BODIVIT, NEDELEC, TANIOU, FICHAN (nom que l'on trouve gravé sur un pignon de la chapelle de Saint-Cadou en tant que fabricien, sous le millésime de 1620). Dans la mesure où il a été possible, son déchiffrement permet de compter 3 mariages, 4 enterrements et 21 baptêmes dont ceux de jumeaux chez Maurice NEDELEC. Au hasard d'une page, les yeux tombent sur un prénom breton, YOUEN: mais à cette date les prénoms français sont déjà adoptés quasi unanimement. Ce registre se termine sur l'acte de baptême du 27 (ou 29 ?) décembre de "...fille légitime d'Etienne Le GUYADER et Janne...Parrain a esté Louis du PARC, seigneur du dit lieu, et marraine demoiselle Françoise TANIOU. Ont signé Louis du PARC, Françoise TANIOU, Françoise de SAUVEGUI, Jean du PARC." Notons à cette occasion que, généralement, les participants et témoins aux cérémonies ne savent pas signer, bien que tous y soient invités par l'officiant. Françoise TANIOU est l'une des rares personnes, avec d'autres membres de sa famille, à pouvoir le faire. 1/5
  • 2. Les TANIOU qui, à cette époque, résidaient vraisemblablement à KERGARADEC, paraissent avoir bénéficié d'un degré d'instruction lié sans doute à une certaine aisance. D'une manière générale, les vieux registres sont, l'habitude acquise, assez facilement déchiffrables, notamment ceux rédigés par "l'honorable et discret Messire" Vincent PIERRE, qui fut recteur de la paroisse de 1704 à 1744. Ils sont établis ou recopiés avec soin. Sans doute y trouve-ton des défauts, mais anodins: une répétition par-ci par-là, un ordre chronologique parfois un peu fantaisiste, un nom ou un prénom laissé en blanc, un pâté dissimulant un mot essentiel, le plus gênant étant encore une écriture écrasée provenant d'une plume d'oie un peu fatiguée. Les éléments essentiels de l'acte de baptême apparaissent dans l'exemple suivant: "Le 18 .mai 1712 a été baptisée Catherine, née le .même jour au village de Kerouchart, fille de Pierre COTTEN et de Catherine Le SAUX, ses père et .mère. Parrain a esté Jean Le SAUX et .marraine Catherine Le LAGADEC " On sait ainsi que le sacrement est presque toujours administré le jour même de la naissance: le lendemain est l'exception, et seules des circonstances inhabituelles peuvent justifier un retard de plus de 24 heures: état des chemins transformés en bourbiers, par exemple. Quelques remarques sur le choix des prénoms: il est de tradition, à l'époque, de donner au baptisé le prénom du parrain ou de la marraine; parfois aussi, mais d'une façon moins affirmée, celui du père ou de la mère. D'où des mentions telles que "Alain COTTEN, fils d'autre Alain COTTEN" ou "Noël le jeune" opposé à" Noël l'ancien, ou le vieux". Pour deux années choisies au hasard, les résultats sont les suivants : - En 1707, pour 20 baptêmes, enfants reçoivent le prénom du parrain ou de la marraine, et 4 celui du père ou de la mère. - En 1718, pour 14 baptêmes, les chiffres sont respectivement de 5 et 4. La palette des prénoms s'étale, pour les 66 cas de la période étudiée, depuis Adélice (rare, mais on en trouve aussi des exemples dans les paroisses voisines) jusqu'à Yves (cité 44 fois), en passant par Alain (32 fois). Catherine (34), François (42), Guillaume (34), Jean (29), Jeanne (62), Marie (99), et d'autres qui paraîtraient aujourd'hui singuliers Jacquet te, Urbane, Péronnelle... Les Saints patrons des chapelles sont un peu délaissés, pour ne pas dire ignorés: Barbe est la seule à connaître un certain succès (6 fois), Cado est peu apprécié (2 fois, peut-être dans des familles de lutteurs ?), Maudet et Herbot sont oubliés; pour ce dernier, il est vrai que sa fonction était de veiller sur les bêtes à cornes... 2/5
  • 3. Les naissances doubles ne sont pas exceptionnelles. Dans le demi-siècle 16801730, le fait se présente 13 fois. Les enfants nés hors mariage sont peu nombreux. L'acte de mariage indique les nom et prénom des mariés, mais pas leur âge; les dates de publication des bans; il fait mention des fiançailles, cite le ou les décrets de justice rendus par les juridictions locales en cas de minorité des conjoints, ainsi que la décision de l'évêque de Quimper accordant, s'il y a lieu, une dispense pour parenté. L'acte s'achève sur la liste des témoins de la cérémonie ou des personnes dont le recteur a remarqué la présence. En voici un exemple : "Ce jour vingt huitième janvier 1721 a esté par moi soubsigné recteur admis à la bénédiction nuptiale Alain COTTER du lieu de Lanhuron et Jeanne KERAVEN du lieu de Kerilis après avoir veu les dispenses données par Monseigneur l'évesque de Quimper de la parenté entre les dits fiancés du troisième au quatrième degrés en date du 29 novembre 1720... après les fiançailles et les trois bannies faites... sans opposition après les avoir interrogés et de leur consentement en présence de Pierre COTER (père du dit Alain), de François Le QUEFF!LEC (parastre de la dite Jeanne), D'Yves Le GUYADER (son oncle) et d'Alain Le PROVOST (oncle du dit fiancé) qui tous ont déclaré ne savoir signer." Les mariages décrétés de justice sont fréquents; on se marie donc couramment sans attendre sa majorité : désir d'indépendance des enfants, envie des parents de réduire le nombre des bouches à nourrir en un temps où les conditions d'existence étaient très difficiles. Le remariage de veufs et de veuves n'est pas exceptionnel; il paraît bien admis et ne donne pas lieu, dans l'état actuel de nos recherches, à des "charivaris" par lesquels la population manifeste sa désapprobation, pour ne pas dire son hostilité, comme cela est courant en d'autres provinces. Les registres des "nopces" nous permettent de prendre conscience de la participation de la paroisse de Gouesnac'h dans la vie du pays fouesnantais, et de l'attrait que pouvaient représenter ses jeunes pour ceux des communautés voisines à la recherche de l'âme soeur, malgré la réputation d'isolement due à une localisation retirée. Le dépouillement des actes de mariage confirme, en effet, que des liens familiaux se nouent constamment avec "l'étranger". Ainsi, sur les cinq mariages de 1712, quatre s'ouvrent vers l'extérieur, et trois sur huit en 1727. Certes, les relations avec les voisins sont privilégiées, Perguet, Pléven, Clohar, mais les antennes vont parfois plus loin, Fouénant, SaintEvarzec, Kerfeunten, ou franchissent l'Odet vers Plomelin ou Combrit. L’arrivée du BAZVALAN Il arrive que les choses se compliquent un peu, ou s'arrangent diront d'autres ainsi ce mariage double du 25 février 1726 entre Guénolé Le CALVEZ, de Querencalvez, et Marie CARADEC de Clohars, d'une part. et entre François Le CALVEZ fils du dit Guénolé et Marguerite BERRÉHOUC fille de la dite Marie d'autre part, la minorité de la dernière nécessitant un décret de la juridiction de CHEFFONTAINES. Le nombre des mariages enregistrés le demi-siècle considéré varie 3/5
  • 4. parfois fortement d'une année à l'autre: 1 en 1705 et 1706, maximum de 12 en 1690. Les registres de sépultures donnent, généralement, les indications suivantes: "Le 22 février 1725 a été enterrée dans l'église paroissiale Catherine Le CLOAREC du lieu de Quermabedat (aujourd'hui Kerham ) âgée d'environ 11 ans en présence de Jean Le CLOAREC (père), Corentin et Jacques Le CLOAREC (oncles)." A cette époque, il était encore de tradition d'enterrer les morts à l'intérieur des églises, ce qui n'était pas sans inconvénients en période d’épidémies par exemple où les inhumations nombreuses et faites souvent à une profondeur insuffisante entretenaient la contagion. Il régnait d'ailleurs dans ces édifices une odeur désagréable provenant des cadavres en décomposition. Mais revenons à nos registres ! Entre 1680 et 1730, les années où l'on meurt le plus sont: 1710 (25 décès contre 12 naissances); 1724 (32 contre 17): surmortalité qui touche surtout les nourrissons et les jeunes enfants: 9 de moins de 10 ans en 1705, 8 en 1706, 5 en 1710, mais aussi les personnes âgées: 9 de plus de 60 ans en 1710. Une étude plus fouillée et des recherches complémentaires permettraient sans doute de déterminer la période et la nature des épidémies. Pour avoir une idée plus précise de la mortalité infantile, il conviendrait de prendre en compte les enfants morts à la naissance au qui n'ont vécu que quelques instants. Mais non baptisés, ils ne figurent pas sur les registres, sauf exception, comme la suivante "Ce jour 26ème may 1706 a esté par moy soubsigné recteur enterre un enfant qui a eu seulement le baptême de la maison par les mains de la sage femme comme elle m'a attesté, né au village de Penfrat, fils de Guillaume MARC et de Magdeleine BOTOREL. en présence du père. " Y avait-il des moments plus exposés que d'autres aux morts subites, comme la croyance s'en est l’enterrement 1726 (33 contre 22); pour ces années, le nombre des décès dépasse donc largement celui des naissances. La famine, les épidémies au les conditions climatiques d'un hiver rigoureux entraînent une maintenue jusqu'à nos jours ? Difficile de sien faire une idée, faute de connaître la cause des décès, non rapportée par les actes. 4/5
  • 5. Par contre les registres mention de l'âge des défunts, mais avec une imprécision certaine, comme le prouvent les formules utilisées "âgé d'environ 5 ans... âgé d'environ 17 à 18 ans... âgé d'environ 50 et quelques années". Les registres de sépultures ne rapportent pas l'activité professionnelle des personnes citées. Seuls les meuniers et les tailleurs font exception; est-ce le signe d'une réussite sociale ? L'activité de "journalier" n'apparaît que quatre fois, celle de "métayer" une fois; les servantes et valets sont cités plusieurs fois. Peut-être pour distinguer des personnes originaires d'autres paroisses placées à Gouesnac'h ? Laurent TANNIOU est cité une fois en tant que "maître de barque". Enfin, la mention "mendiant" apparaît à plusieurs reprises. On la retrouve dans pratiquement toutes les paroisses, signe que la misère était fréquente. Il suffisait de peu de chose, maladie intempéries, pour faire basculer dans la pauvreté toute une frange de petits journaliers dont les conditions de vie étaient déjà difficiles. L'examen des registres paroissiaux nous donne donc quelques aperçus de la vie des anciens. La poursuite de nos investigations permettra peut-être d'apporter, dans quelque temps, des éléments nouveaux en ce domaine. Jean VARENNNE . 5/5

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